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03/03/2008

ALLOCUTION "CERCLE DE LA CATHEDRALE" du 3 MARS 2008

Je suis heureux que le thème de l’Europe s’inscrive dans le débat municipal. C’est le paramètre principal du destin de Strasbourg. L’Europe à Strasbourg est certainement une cause nationale, mais c’est aussi une cause municipale.

Je n’ai pas de légitimité élective pour vous parler de ce thème, mais je plaide pour crédibiliser mes propos la validation des acquis de l’expérience et une passion pour Strasbourg jamais démentie.

A Kronenbourg, j’ai vanté et chanté Strasbourg et l’Alsace dans tous les coins de France et dans de nombreux pays d’Europe. Nous avons fait venir ici des dizaines de milliers de visiteurs

A la Place des Halles, j'ai découvert les réalités de proximité, la sociologie urbaine les plus et les moins de l’attractivité. Autant à Strasbourg, qu’à Paris, j’ai compris que le "bon touriste économiquement parlant était un touriste qui venait de loin, qui dormait sur place une ou plusieurs nuit, qui mangeait dans les restaurants, qui visitait, qui achetait".

C’est important pour la suite de mon exposé.

A la tête de la Strasbourgeoise, j’ai financé fortement les manifestations importantes de notre ville.

Parallèlement à ma carrière professionnelle, je me suis engagé dans des activités bénévoles pour le compte de la ville et de la Région. J’étais Président de Strasbourg Développement,Vice président de la CCI , Président des amis de l’ Ircad, de l’IAE etc... Mais surtout, j’ai vécu pendant près de vingt ans d’abord avec Pierre Pollak,, ensuite avec Françis Hirn, l’épopées de SPE . Une association au dessus des clivages ayant pour seul but de contribuer au développement de notre ville.

C’est au sein de cette association qu’est née l’idée de Strasbourg Capitale de Noël, qui qu’aujourd’hui encore décembre est le mois le plus fréquenté alors que de mémoire de Strasbourgeois, c’était toujours le mois le plus creux.

C’est au sein de cette association que, suite à une large plate forme de réflexions représentatives de toute la population Strasbourgeoise, qu’a germé l’idée d’un lieu d’Europe ouvert au grand public. Strasbourg est plus qu’une ville pour les Strasbourgeois, la charge de l’histoire en a fait qu’elle porte des valeurs quasi sacrées. Strasbourg, c’est l’«âme de l’Europe», disions nous.

C’est sur les bases de cette conclusion que nous avons pensé qu’il n’y avait pas de foi, de croyance possible, sans un lieu pour l’exprimer, la vivre, la partager.

Je n’ai pas le temps de réexposer ici le concept d’Eurodom comme je l’ai déjà fait, il y a deux ans ici, invité par HM et Norma Serpin qui présentait à ce moment l’Eurodistrict. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il s’agit d’un lieu ouvert au public et qui parle de l’Europe d’une manière intelligible et passionnante. 12 langues différentes sont proposées aux visiteurs, il y a une salle de conférence, des halls d’exposition, une médiathèque. On y explique surtout qu’aucun des thèmes des préoccupations majeures de notre quotidienneté : chômage, pouvoir d’achat, sécurité, écologie, éducation, ne peut plus être résolu isolément par un pays de l’ Union quel qu’il soit .


La population interrogée sur l’opportunité d’un tel lieu s’est exprimée favorablement à 85 % dans un sondage Interface Tourism publié d’ailleurs dans les DN.

La municipalité en Place n’a jamais voulu entendre parler d’un tel lieu. Je le déplore. Ce n’était pas une question de temps, jamais un mandat n’avait été aussi long, ce n’était pas une question d’argent, jamais la ville n’a autant investie. C’était un choix délibéré !

Alors, Mesdames et Messieurs les candidats

Que voulez vous que l’on dise de Strasbourg demain, si vous n’aviez le choix que d’un seul qualificatif ? Strasbourg culturelle, Strasbourg Gastronomique, Strasbourg historique, architecturale, humaniste ou
Strasbourg l’Européenne ?

La question est d’une importance majeure dans cette compétition que se font les villes à l’intérieur du « City Branding », nouveau concept marketing : Une ville, une Marque, auquel on assiste aujourd’hui. Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, toutes ces villes sont en train de travailler leur marque et leur image.

Strasbourg n’a pas d’image globale identificatrice spécifique

Ma proposition c'est Strasbourg, l'Européenne, c’est notre mission.

C’est un concept reliant le passé au futur, il faut juxtaposer au quartier de la Petite France, celui de la grande Europe. Il faut offrir à ce demi milliard d’hommes qui forment aujourd’hui la population Européenne un lieu qui les fédère et qui fasse la pédagogie de la plus fantastique opération d’union et de rassemblement pacifique et non violente que le monde n’ai jamais tenté. Il faut expliquer les raisons de cette union.

L’Europe c’est plus qu’un continent, c’est plus qu’un espace économique c’est plus qu’une zone de libre-échange. L’Europe, c’est un ensemble de valeurs, de valeurs d’humanité susceptibles de préserver le monde de tous les extrémismes, de tous les terrorismes, de tous les intégrismes, qu’ils soient religieux, stratégiques, économiques, écologiques.

Strasbourg est la plus légitime des villes pour mener cette stratégie, c’est son devoir vis à vis de son histoire et de tous les morts de tous les camps qui ont fait que ce soit ici même sur les ruines des conflits que l’idée d’ Union Européenne est née.

Je vous cite une phrase de Hans Gert Poettering, Président du Parlement Européen dans son discours d’investiture "Je souhaite la création d’un lieu de mémoire et d’avenir ou l’idée Européenne puisse prospérer" plus loin encore, il parle de tolérance entre les peuples et les religions disant notamment "Il s’agît là d’une condition déterminante de notre évolution spirituelle".

J’aurais aimé, c’est vrai, que ces phrases soient dites par le Maire de Strasbourg, de manière à ce que ce haut lieu d’Europe soit érigé, non dans la Capitale de l’Eurocratie, comme il va l’être mais dans la Capitale de la Démocratie qui serait son socle véritable.

La semaine dernière revenant de Paris j’ai pris à la gare un dépliant présentant Strasbourg. Il s’appelle " Toute la ville en poche" et c’est très illustrant. Dans les choses à voir en 9ème position et après nos sites traditionnels, arrive le chapitre Européen avec le Conseil de l’Europe, et en 10ème le Parlement. Il y est dit : "Conseil de l’ Europe : visite sur réservation et Parlement Visite pour groupes uniquement et sur réservation écrites préalables" .

Voyez-vous pour moi, vraiment, le compte n’y est pas.

Pour que Strasbourg puisse s’attribuer cette image qui lui va comme un gant, il faut apporter une réponse spécifique aux attentes touristiques et aux attentes des chercheurs d’Europe. Un lieu, un accueil, une signalétique, une animation.

En conclusion, rêvons un peu. Nous sommes en 2009.

Il est 9h30 du matin et sur l’esplanade de la maison d’Europe, comme tous les matins, une personnalité éminente de Strasbourg et un représentant d’un des 27 pays Européens assistent à la montée des couleurs Européennes. Chaque semaine, c’est le tour d’un autre pays d’Europe, selon un calendrier défini et distribué sur Internet à tous les européens.

La flamme éternelle de l’Europe danse joyeusement devant cette magnifique stèle que l’on appelle communément les «Tables de la loi de l'Union» et sur laquelle sont reproduites quelques pensées fortes reprises dans la charte des Droits fondamentaux : dignité, tolérance, paix et solidarité.

La cérémonie est puissamment symbolique, car elle se déroule au son de l’hymne à la joie qui précède celui de l’hymne national du pays présent.

Bien sûr, il y a des personnes de tous âges, mais ce sont surtout tous ces jeunes qui sont impressionnants. Ils sont venus de toute part, car Strasbourg s’est réinscrite au centre des grands itinéraires du moyen âge. Notre ville est devenu le Saint Jacques de Compostelle de tous les adolescents d’Europe. Ils sont des dizaines de millions. 25 routes mythiques aboutissent ainsi à Strasbourg. Ces routes un peu mystiques comme autrefois évitent les grandes capitales pour cheminer sur des itinéraires qui ont du sens et qui relient des étapes empreintes d’un certain humanisme ou d’une saveur culturelle particulière. Barcelone Dresde, Cork Venise, Amsterdam, Florence, etc…

Ils repartiront chez eux pleins de rêves Européens et de rêves pour leur propre vie. Ils sont fiers de leur attestation prestigieuse signée du maire de Strasbourg et du Président du Parlement Européen, certificat nominatif où il est marqué qu’ils sont citoyens d’Europe et qu’ils ont réalisés la "longue marche de Strasbourg".

Ils savent, comme le dit si bien Jérémy Rifkin, qu’ils «portent en eux l’espérance du monde». Ils sont venus par tous les moyens, mais ils ont tenu à parcourir les derniers km dans ce fameux tramway de Strasbourg dont les wagons sont peints aux couleurs des pays d’Europe.


Cette mythologie Européenne a charmé beaucoup d’entreprises européennes, notamment des entreprises du tertiaire supérieur qui ont tenu à s’installer ici. Elle a aussi considérablement freiné les ardeurs des partisans du "one seat" qui ont maintenant beaucoup plus de mal à évoquer un retrait pur et simple du Parlement à Strasbourg.

Alexis LEHMANN

15/03/2007

Pierre PFLIMLIN

J’ai connu et respecté cette personnalité d’exception. Après un long cheminement, il était convaincu que l’EUROPE allait pouvoir devenir ce qui lui semblait impensable, miraculeux comme il disait, un système de coopération pacifique entre des peuples longtemps belligérants.

Aujourd’hui, il aurait 100 ans et il pourrait avec satisfaction, constater que la paix tient bon dans une Europe élargie, même si de nombreux conflits persistent encore ailleurs dans le monde.

Il verrait aussi que la guerre économique fait rage à l’échelle planétaire et que l’aspiration légitime des pays émergeants à une meilleure qualité de vie secoue puissamment les piliers de nos modèles sociaux. Ceux-ci se sont développés en temps de guerre froide, à l’abri du rideau de fer, dans un club de pays riches qui fixaient eux-mêmes les prix des matières premières sans tenir compte, ni des conditions économiques, sociales et humaines des pays producteurs, ni des conséquences écologiques dans les pays consommateurs.

Au-delà de la paix, l'Europe a définitivement aujourd'hui d'autres missions de plus en plus élargies.

Il aurait pu lire dans l’éditorial des DNA qui lui étaient consacré que seule une Europe forte dotée d’une politique volontariste pourrait relever ces défis planétaires.

Il aurait pu lire aussi que le Maire actuel de Strasbourg, Madame Fabienne Keller, l’évoquant, rappelait qu’il était la voix d’une ville rayonnante, la voix de la plus Européenne des villes, la voix de l’Europe du sens.

Voix devenue aujourd’hui bien fluette. Plus personne ici n’évoque la primauté des valeurs de l’esprit, ni le sens profond de la dimension éthique de l'Europe sur socle de Droits de l'Homme et de Démocratie.

Strasbourg a pris le parti de devenir une grande ville de province avec son TGV, son Zénith, sa patinoire, son musée…, une grande ville comme les autres, et investit massivement dans ce but. Persuadés que la règle de l'unanimité allait, nous garantir, "à vie", le Parlement, nous allons jusqu'à prendre le risque de ne pas bouger malgré l'accumulation de centaines de milliers de signatures en faveur d'une délocalisation sur Bruxelles. Nous perdrions ainsi cette institution suprême de la Démocratie, le Parlement, légitime fierté de Pierre Pflimlin.

Le Club des Maires dont nous nous enorgueillissons est une association certes remarquable mais qui passe loin au-dessus de la tête des citoyens et loin à côté des structures officielles.

Dans un sondage IPSOS commandité par Strasbourg Promotion Évènement (SPE) aujourd’hui "Strasbourg pour l’Europe" en 2003 on posait aux Strasbourgeois la question suivante : Etes-vous favorables à la réalisation d’un lieu destiné au grand public aux touristes affirmant la vocation Européenne de la ville ? 33% étaient très favorables et 55% plutôt favorables, soit 88% de la population ! Je suis persuadé que nous aurions aujourd'hui des scores encore meilleurs.

Pierre PFLIMLIN aurait, j'en suis sûr, compris que c’était là la vraie mission pédagogique et démocratique de Strasbourg et qu’à travers ce LIEU, ouvert à 500 millions d'Européens, le rôle SYMBOLIQUE de notre ville se serait imposé en toute légitimité, sans conteste, à l'Europe et au monde. Et le siège du Parlement s'en serait trouvé ainsi démocratiquement conforté.

Cette obstination viscérale pour moi est loin d’être seulement un combat pour Strasbourg dont ce serait je le rappelle quand même la seule vraie ‘raison de venir‘ des quatre coins de l'Europe. Un gisement touristique et symbolique sans pareil mais aussi et surtout un élément indispensable à la construction d'une Europe politique démocratique et citoyenne, pour l'instant totalement dépourvue de symbole populaire et de pédagogie explicative.

En septembre va s’ouvrir, hélas à Bruxelles, le Musée de l’Europe. Je n’aime pas beaucoup ce terme de musée alors que je me bats pour un lieu de "prospective d’Europe", pour Strasbourg, que je voudrais ville du futur et non seulement ville du passé. Mais je veux quand même citer les raisons que donne à sa construction le Secrétaire Général du musée Monsieur Benoît Remiche, il dit < L’Europe ne peut plus avancer sous le seul masque de l’économie ; Bruxelles, siège principal des Institutions Européennes, a besoin d’un LIEU où les citoyens européens puissent rencontrer l’Europe sous une forme que la visite de bâtiments administratifs ou d’hémicycles parlementaires, vides la plupart du temps>….

Combien de fois depuis des années n’avons nous dit cela ? Bruxelles va ramasser toutes les mises et ce qui nous paraissait toujours impensable à savoir qu’aucune capitale d'État ne puisse se targuer d’être pour les Eurocitoyens la Capitale de toute l’Europe, Bruxelles va y parvenir sur base de paperasserie et de logistique alors que STRASBOURG aurait pu s'identifier comme telle, sur socle des valeurs de l'esprit qui ont permis un jour à l'Europe de naître à Strasbourg. Strasbourg capitale symbolique et démocratique de l'Europe ; personne n’aurait pu contester la légitimité et la justesse de cette appellation.

Par un curieux détour, il semble que l'histoire veuille repasser les plats. Etienne Pflimlin, fils de Pierre, vient de prendre la Présidence de Strasbourg capitale de la culture en 2013. Je formule le vœu que notre candidature soit retenue sur les bases mêmes de ce qui ferait, sur socle transfrontalier, l'élément majeur de notre différenciation compétitive, à savoir Strasbourg, capitale de la "culture des valeurs d'Europe". Dans tous les autres domaines, nous aurons du mal à lutter avec nos challengers mais un positionnement dans cette philosophie majeure, démocratique et prospective devrait nous permettre de gagner.

Alexis Lehmann - 15 mars 2007

29/12/2006

Note envoyée à Claude Keiflin et publiée en partie par les DNA

Pour lutter contre la pauvreté il faut certes revoir l'urbanisme et les conditions de vie inacceptables, mais surtout ré- insérer les populations au chômage dans la vie active et travail leur apporter ainsi revenu et considération sociale. Si effectivement comme le dit Monsieur le Préfet JP Faugère c'est in fine l'emploi qui est la clé de tout.

Or pour relancer l'activité économique d'une ville comme Strasbourg, qui a dans ce domaine une fonction nouvelle tout à fait majeure, jusqu'à présent délaissée aux structures dites économiques, il faut attirer des richesses et développer des activités marchandes. Industrielles si possible, mais pourquoi pas aussi tertiaires. Cela fait par exemple des années que notre attractivité touristique est stagnante avec un rapport Tourisme /PIB bien passable. Et le TGV rappelons le n'est qu'un moyen de venir et non une raison de venir.

Les investissements qui ont été fait ces dernières années malgré leur utilité ludique et culturelles ne sont pas de nature à attirer des touristes, donc des capitaux et donc des emplois sur un rayon élargi. (France entière, Europe, Monde).

Notre proposition touristique n'est plus assez percutante, or c'est le plus grand gisement d'emplois prospectifs que nous ayons à notre disposition aujourd'hui à court et moyen terme.

Les emplois industriels et manufacturiers de faible qualification; il faut oublier. Les emplois de haute qualifications sont lents à élaborer et asymétriques par rapport à la population au chômage chez nous. Le tourisme réceptif est une industrie à relancer sur des base de nouvelles et dans ce domaine à part nous n'avons rien fait depuis pratiquement vingt ans.

L'Alsace et la coopération transfrontalière

Soucieux de faire avancer la coopération transfrontalière, la Fondation Entente Franco-Allemande et le DFI de Ludwigsburg ont réalisé deux opérations tout à fait majeures. D'abord, ils ont recensé en 2005 les différents organismes et institutions en charge de la coopération à tous les niveaux et ensuite, ils ont interrogé les citoyens de l'ensemble de l’espace du Rhin Supérieur qui compte près de 6 millions de personnes réparties entre le Pays de Bade, le Palatinat, la région de Bâle et l'Alsace. Le sondage a été effectué en décembre 2005 par l'Institut TNS/Sofres auprès de plus de 900 personnes.

A la lecture de ces deux réalisations majeures, on peut constater combien le travail tri- national est complexe et souvent ingrat.

La bonne volonté est sans faille, de tous les côtés et les raisons de faire ensemble apparaissent comme évidentes, mais peut-être que quelque part la multiplicité même des réalisations les rend peu visibles.
A juste titre, la Fondation FEFA s'est demandé si tout cela n'était pas que survivance du passé, bien intentionnée, sinon parfois intéressée, qu’une tentative de réconciliation après les trop nombreux conflits qui ont secoué les rives du Rhin ou si, au contraire, il y avait encore au niveau de la population actuelle et surtout de la population jeune des raisons de croire en cette chimère d'une union informelle des peuples sur les bords d'un fleuve longtemps frontière.

Or, la réponse est venue, forte, brutale, évidente. Non seulement il faut consolider les efforts accomplis mais en faire beaucoup d'autres encore. Le peuple, une fois de plus, lucide sur ses chances de succès ou d'échec a bien compris que les trois régions situées aux extrémités de leur trois pays d'origine avaient intérêt à unir leurs efforts pour ne pas être marginalisées, frontalisées, larguées dans la compétition globale.

C'est ainsi que sur l'ensemble de l'espace rhénan : 35% des citoyens pensent que la coopération fonctionne bien actuellement mais 54% demandent à ce qu'elle soit renforcée. Ainsi, près de 90% des 6 millions d'habitants de l’espace rhénan croient en la coopération et s'attendent à ce qu'elle soit renforcée. C'est une clameur qu'il faut savoir écouter.

A la base de cette exigence, il y a dans le domaine économique la peur du chômage et, en corollaire, celui du financement des retraites. Pour lutter contre ces craintes, les habitants de l'espace rhénan demandent une relance forte du bilinguisme, la mise en place d'un plan de développement économique tri-national, transfrontalier, et une mise en commun des offres et des demandes d'emploi.

A qui fait-on confiance pour une telle stratégie supra-nationale ? Curieusement, mais ce n'est pas une surprise – peu aux responsables politiques régionaux – et pas du tout aux nationaux. Mais étonnamment ils font confiance à la "coopération", « main invisible » orchestrée par les citoyens eux-mêmes, les associations et les entreprises.
On peut s'étonner de cette attitude face à des responsables politiques qui ont indiscutablement œuvré dans le sens d'une plus grande efficacité de leurs actions sans pourtant y parvenir.

En ce qui concerne l'Alsace et, sur la base de mon vécu économique dans trois grandes entreprises autrefois encore localisées en Alsace, j’en donnerai les raisons suivantes.

Quand des responsables politiques au plus haut niveau « tri-national » travaillent ensemble, c’est pour faire de grandes choses visibles et non pas une foule de petites réalisations, certes utiles, mais peu visibles et peu structurantes d’un nouveau paradigme coopératif.
Les grandes opérations qui ont manqué sont pratiquement toutes d'ordre logistique et relatives aux transports, à la notion d’unicité territoriale susceptible d’accentuer la fluidité et la mixité des populations entre les trois régions, par exemple :

1. L'aéroport de Roeschwoog
2. Le canal Rhin-Rhône
3. Les liaisons routières et autoroutières
4. Les liaisons ferroviaires


Il est clair que n'ayant pas de grande métropole structurante dans le Rhin Supérieur, ce qui est un lourd handicap, l’existence d'une plate-forme d'un hub aérien à vocation européenne et pourquoi pas transcontinentale aurait fait un bien énorme surtout au regard du rôle européen institutionnel de Strasbourg.

Le deuxième investissement encore plus inviolable et encore plus « définitif », aux conséquences économiques, écologiques et touristiques quasi-incalculables eut été la création d'un grand canal Rhin-Rhône qui aurait relié la Méditerranée à la Mer du Nord et aux villes de la Russie à travers le réseau très dense des canaux de l'Europe septentrionale. Stocks flottants, pondéreux, transports de matières dangereuses, mais aussi réseau fluvial touristique, on ne peut imaginer la centralité, la géo-centralité qu'une telle réalisation nous aurait apportée. Le « fleuve frontière » serait devenu l’axe central. Mais « ne rêvons plus », dit un haut responsable régional parlant de cette « chimère ».

Je passe rapidement sur les décennies qu'il a fallu pour mettre en place une simili-autoroute entre Wissembourg et Bâle, sur la lenteur des projets VLIO ou du grand contournement de Strasbourg pour déplorer qu'en ce qui concerne les liaisons transfrontalières aucun progrès notable n'a été réalisé. Le pont Pierre Pflimlin mériterait une meilleure connexion avec les autoroutes françaises et allemandes.

Regrettons cependant aussi, en passant, le fait que nous cherchons maintenant à entraver définitivement le trafic routier Nord-Sud et Sud-Nord par des taxes et des péages annulant ainsi plus encore la chance que nous avons d'être placés sur un tracé géographique majeur. Nous voulons absolument nous débarrasser de ces nuisances autoroutières insoutenables du fait du « piège » que nous avons nous-mêmes installé par manque total d’anticipation.

Pas d'avions, pas de bateaux, pas de camions, mais peut-être alors des trains. IL est bien venu ce TGV même s’il n’est pas GV sur tout le parcours. Il est connecté sur un très bon réseau TER, mais il faut se souvenir, que pour l’instant, nous sommes en bout de ligne sans connexion avec l’Allemagne et l’ensemble de l’Europe.
En résumé, l'Alsace, petite région française excentrée, n'a pas investi judicieusement pour se situer dans un carrefour d'Europe inviolable et incontournable telle qu'elle aurait pu le faire.

Quelles sont maintenant ses chances de corriger ses erreurs et de reprendre du poids et de l'attractivité pacifique, cette fois, pour se créer un futur digne d'elle ?

Pourquoi pacifique ? Parce que son modèle de développement est particulier et ancestral. L'Alsace, depuis les Romains et même avant, a toujours été considérée comme une région riche. Que son économie soit agraire, rupestre ou industrielle, de plus elle était idéalement située au cœur de l'Europe. Son modèle de développement était le suivant : attraction, invasion, destruction, reconstruction. Il a hélas joué trop de fois dans l'histoire de notre province et plus personne n'ose imaginer un nouveau scénario de ce type.

D'ailleurs, comme je l'indiquai, la notion de richesse a évolué aussi avec le temps. La chasse, la pêche, la sylviculture et la polyculture ne représentent plus grand-chose dans notre PIB. Ce sont pourtant encore des atouts dont il nous faudra tenir compte.

Aujourd'hui, les richesses sont d'une autre nature : investissements, main d'œuvre qualitative et quantitative, accessibilité, disponibilités foncières, PIB des citoyens, recherche et innovation, capacités d'attraction, jeunesse démographique etc.

Comment pouvons-nous nous situer dans un avenir de 10 ou 20 ans ?

C'est toujours un exercice difficile que nous abordons dans le club de prospective RHIN 2020 de la FEFA, mais on peut quand même esquisser quelques certitudes.

La configuration géo-politique a totalement changé. Rappelons-nous cependant qu’en vingt siècles, l'Alsace n'était française que durant deux cents ans.

Aujourd'hui, avec l'abolition du mur de Berlin et l'élargissement de l'Europe, on peut dire que notre province est de nouveau fortement secouée sur son socle. Elle risque cette fois même, ce qui est contraire à tout ce qu’elle a vécu, d’être marginalisée ou même oubliée.

Elle reste pour l’instant un curieux îlot de progression démographique et de solde migratoire positif dans une vaste zone environnante allemande, suisse et française en proie à la dénatalité, au vieillissement et au solde migratoire négatif.

Cette singularité est due au fait que le taux d'emploi des femmes est encore assez bas et que la natalité est bonne et que l'activité économique, soutenue jusqu'en 2000, a attiré beaucoup de jeunes en recherche d'emploi.
Les projectionnistes estiment que nous tiendrons une tendance ascendante positive jusqu'en 2030. Ce qui serait exceptionnel et bien sûr souhaitable.

Mais pour cela il nous faut conserver assez de richesse pour créer des emplois.

Ou soyons clairs ! Si l'Alsace a connu un essor économique, social et démographique malgré les absences d'infrastructures évoquées plus haut, c'est grâce, bien sûr, à la qualité de notre main d'œuvre, à sa docilité, et à l'importance des investissements étrangers dus à un très bon travail de prospection, qui ont généré des emplois endogènes, mais aussi à cause du « prêt » de 70000 travailleurs alsaciens qui ont pu trouver un emploi en Allemagne ou en Suisse en tant que travailleurs frontaliers.

Une baisse des investissements étrangers telle qu'elle est prévisible et un moindre appel de la part de nos voisins allemands et suisses à notre main d'œuvre auraient des conséquences dramatiques sur notre économie.
Avec 8,8% de demandeurs d'emploi, l'Alsace a le taux de chômage le plus élevé de l'Espace Rhénan (Pays de Bade : 6%, Palatinat : 7,3%, Nord de la Suisse : 3,7%).

Sans les frontaliers, nous aurions un taux de chômage de plus de 15% ! Un désastre que personne ne veut imaginer mais qui peut se produire si le bilinguisme n’est pas fortement relancé.

Tout ce tableau pour dire que les mesures qui sont à prendre sont des mesures énergiques et que nous ne pouvons PLUS poursuivre le jeu des grandes erreurs.


Que faut-il faire ?
  • Créer une seule agence trinationale de développement.
  • Un seul organisme en charge de l’élaboration d‘ « un projet macroéconomique et social tri-national » sur base des opportunités et des menaces de la région. Non pas des rencontres périodiques mais un organisme permanent, composé de personnes dont c’est la seule activité.
  • Impliquer les citoyens en développant chez eux un sentiment d'appartenance à cette petite Europe rhénane que nous formons sur les rives du Rhin Supérieur.
  • Identifier les projets dans les domaines de :
    • l'innovation
    • l'exportation
    • la recherche
    • l'enseignement
    • le tourisme
    • les infrastructures
    • la santé
    • l'écologie et la défense de l'environnement
    • les pôles de compétitivité
    • lobbying à Bruxelles
  • Etablir un planning commun
Le constat est clair, les attentes sont fortes, les responsables politiques des différents pays rhénans sont au demeurant d'accord pour dire que, prise isolément, chacune des régions qui composent la conférence de l’espace rhénan a très peu de chances, voire aucune chance de s'en tirer.

Alors qu'attendons-nous?

L'allusion aux différences politiques, réglementaires, monétaires ou administratives n'est pas à mes yeux suffisante pour empêcher l'action. Ce sont souvent des objections excuses. Une volonté politique forte, partagée, soutenue par un engagement citoyen massif, ce qui est le cas, est un support considérable pour accentuer nos actions communes.

Tout investissement structurel lourd (aéroport, ponts, routes, fer), tout investissement dans la recherche, le développement durable toute opération de grande envergure (pôle de compétitivité) ou de grand rayon d'action (Exportation ou tourisme réceptif) doivent être discutés en commun et réalisés ensemble ou au moins en synergie.

Notre avenir est dans une seule Région Métropolitaine Européenne. Merveilleux projet, pilotons-le ensemble.


Alexis Lehmann
FEFA
Club de Prospective RHIN 2020
15.12.2006

28/08/2006

La Déception Européenne

Billet envoyé au courrier des lecteurs du Journal Les DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE.

Récemment un grand quotidien du soir publiait un article intitulé la Déception Européenne. Il n'a donné lieu à aucune contestation d'aucune sorte.

Pourtant, tuer l'espoir est ce une solution ? Le retour sur soi, est ce une solution dans la problématique globale à laquelle nous sommes confrontés de plus en plus dans tous les aspects de notre vie quotidienne ?

Il est vrai que bien des promesses n'ont pas été tenues et que bien des illusions se sont taries, mais qui fait la pédagogie de l'EUROPE ? Qui explique à la société civile les difficultés et les vrais enjeux de cette gigantesque aventure ?

Ne nous y trompons pas si l'EUROPE est un échec notre planête sera bientôt à feu et à sang. L'Union Européenne porte en elle l'espoir du monde et ceci dans les domaines fondamentaux de la Paix, des Droits de l'Homme, du Développement Durable, et d'un principe de < Main Tendue> des pays nantis vers des pays en devenir.

Je ne crois pas, contrairement à ce qui est écrit dans ce texte que les Français aient rejeté l'EUROPE, ils en veulent tous une même les nonistes, et ce sont peut être ces exigences diverses qui sous la pression de la société civile nous feront avancer.

Ce sont les peuples qui feront l'EUROPE, par instinct de survie, conscient de son utilité fondamentale . Ils ont toujours été plus lucides que les "politiques" entravés dans leur clientélisme national ridiculement étriqué à l'échelle du 21ème siècle.

Je continue de regretter que notre ville, berceau du Rêve Européen ne s'investisse pas plus dans cette pédagogie essentielle qui ferait mieux comprendre aux 500 millions d'Européens que malgré les lenteurs et les obstacles, la création de l'Europe est la plus FORMIDABLE REALISATION NON VIOLENTE que l'humanité n'ait jamais entreprise pour tenter de s'assurer une survie digne d'elle.

Noble mission pour Strasbourg et l'Alsace et qui nous donnerait ce SOUFFLE qui nous manque de plus en plus.

Alexis LEHMANN

La Grande Déception Européenne

Billet adressé au courrier des lecteurs du journal LE MONDE.

Tuer l'espoir est ce une stratégie responsable ? Y a t'il une meilleure voie que l' Europe et que proposent en fait Monsieur Artus et Madame Vilard ?

Exploser la bulle politico -administrative des Institutions Européennes, revenir aux monnaies nationales ( où serait le cours du Franc ? ), ériger une armée par pays, avoir une politique de transport et de communication autonome, une stratégie écologique autonome, une stratégie économique et sociale singulière, une police limitée à nos frontières ? Ce ne serait pas sérieux.

Et comment faire alors, seul, contrepoids à l'impérialisme économique des Etats-Unis ou aux impérialismes de toute nature ?

Il est vrai que toutes les promesses n'ont pas été tenues. Mais qui fait la pédagogie de l'Europe ? Qui explique à la société civile qu'elle doit prendre distance par rapports aux discours démagogiques de certains élus politiques ? Tout bien sur n'est pas parfait, mais malgré les frictions et imperfection l'Europe avance. C'est aujourd'hui le premier marché économique du monde même si la concurrence en son sein est encore "imparfaite".

Ne nous y trompons pas si l'Europe est une échec notre planète sera bientôt à feu à sang. L'Union Européenne porte en elle l'espoir du monde et ceci dans les domaines majeurs que sont avant tout les Droits de l'Homme, et le Droit à la Vie pour les générations futures dans le respect du développement durable.

Je ne crois pas, contrairement à ce qui est écrit que les Français aient rejeté l'Europe dans son principe. Ils en voulaient tous une, même les monistes. Cette élection a suscité le plus grand débat démocratique que nous ayant eu en France depuis des décennies et c'est justement cette volonté de faire plus et mieux, qui nous fera avancer.

Oui, ce sont les peuples qui feront avancer l'Europe.

Vivant à Strasbourg berceau du Rêve Européen, je regrette fortement que notre ville et notre Région ne s'investissent pas plus dans ce Rôle Pédagogique Majeur et dans cette Noble Mission qui ferait comprendre aux 500 Millions d'Européens que la création de l'Europe est la plus belle et le plus gigantesque opération non violante que l'humanité n'ait jamais entreprise, pour s'assurer une survie digne d'elle.

Alexis LEHMANN

27/07/2006

Réflexions

Aussi longtemps que Strasbourg ne se donnera pas pour objectif d'être une "ville du futur", nous resterons - Strasbourg et l'Alsace - comme étant une survivance et un témoignage du passé. Est-ce vraiment notre objectif ?

Dans le schéma suivant qui est l'image directrice de ma réflexion, je parlerai surtout aujourd'hui de l'attractivité car c'est là-dessus que nous avons le plus de poids, d'arguments, et de possibilités d'action immédiate.

Il n'est pas question de critiquer qui que ce soit. C'est une réflexion pour l'Alsace et les Pays Rhénans et non contre quiconque.

Dans la situation actuelle, nous devons capitaliser plus et autrement sur nos gisements d'attractivité spécifiques et corriger notre positionnement.


Face à l'héliotropisme, à l'Océan et à la Mer, à la Haute Montagne, à l'attractivité des très grandes agglomérations, il faut lutter en se mettant sur un territoire tout aussi puissant, structurant, même s'il est symbolique.

(La nouvelle génération d'Européens porte en elle l'espérance du monde)- Jérémy RIFKIN.

Tout est dit dans cette phrase de J.R. Cet enseignement est le vrai positionnement de Strasbourg dans la configuration de la "Petite Europe" que nous offre l'Espace Rhénan et sur les bases de notre incontestable légitimité historique.

Il faut capitaliser plus fortement sur ce thème, en faire la vrai locomotive de notre région et mixer ainsi les anciennes appellations européennes "délavées" telles que "Foire Européenne de Strasbourg" avec les plus récentes et les plus ambitieuses : future "École Européenne de Management de Strasbourg" à l'intérieur de "l'Université Européenne de Strasbourg", "Institutions Européennes", "Pôle Européen d'Administration Publique" (ENA).

Pour élargir cette stratégie au niveau de l'ensemble des citoyens européens, il faut créer à Strasbourg un Lieu d'Europe Grand Public matérialisé.
Ce lieu serait une source de fierté pour chaque Européen.
Fierté de participer sur la base même des vicissitudes antérieures de l'histoire à une nouvelle et troisième manière de vivre ensemble entre capitalisme et socialisme d'état.

L'Europe génère en elle les fondements d'une nouvelle histoire et, sous cet aspect, Strasbourg peut être LA BASE D'UN FUTUR et non pas la mémoire d'un passé.

Une troisième voie issue des enseignements de l'histoire de l'humanité dans un processus d'hominisation qui a indiscutablement débuté.

Prôner :
- la Diversité culturelle plutôt que la standardisation et l'accumulation
- le Développement durable avant le saccage des richesses essentielles
- l'Épanouissement personnel avant le labeur acharné
- un socle de Valeurs Sociales
- enfin et avant tout le Respect des droits universels de l'homme

L'Europe, c'est cela et c'est à nous de le dire, d'en alimenter ici la réflexion et la pédagogie.

L'Europe ne deviendra réalité qu'avec l'adhésion des citoyens.

Ce concept européen convient :
- aux Alsaciens : étude Plateforme de communication et de promotion de Strasbourg – SPE 1990.
- aux habitants du Rhin Supérieur : étude Sofres/FEFA de décembre 2005.

Il convient aux Français (pour 84 % des 15/20 ans, l'Europe a une connotation positive Sondage Capital/CSA de juillet 2006).

Strasbourg, un nouveau futur ?

Alexis LEHMANN

03/05/2006

Venir en Alsace et à Strasbourg

"ALSACEZ VOUS" peut-on lire cette semaine sur les affiches du Métro et de quelques taxis parisiens. Cette campagne d’incitation à visiter l’Alsace est certes stratégique en ce sens que l’attraction touristique est de nature à relancer emplois et activités dans notre région dans l’attente d’autres relais. Mais on peut se demander si les colombages et les rosaces de la Cathédrale sont aujourd’hui encore pour les Parisiens des raisons assez fortes pour les inciter à venir. Cela fait des décennies qu’ils ont cette image de l’Alsace et la concurrence des autres régions est de plus en plus vive.

Ce week-end 31 000 visiteurs de toutes nationalités ont défilé au Parlement Européen, confirmant ainsi l’extrême intérêt de nos concitoyens pour l’EUROPE et son Avenir. Je suis persuadé qu’il en serait de même pour une grande partie des 500 Millions d’Eurocitoyens qui voudraient mieux comprendre l’EUROPE. N’oublions pas que c’est la question de la Constitution Européenne qui a entraîné le plus grand débat démocratique que nous n’ayons jamais connu en France.

En illustrant à Strasbourg au niveau grand public le cheminement de ce giga-concept géo-politique qu’est l’Europe, ses objectifs, ses valeurs, ses difficultés, Strasbourg et l’Alsace auraient pu développer une VRAIE RAISON MAJEURE de venir. Et ceci pas seulement au niveau de l’Ile de France mais de 25 pays d’Europe.

La beauté de nos vallons, de nos villages et notre patrimoine historique seraient le "Bonus".

En créant à Strasbourg un HAUT LIEU DU SENS Européen, nous avions la possibilité d’exploiter un gisement unique, colossal. Il fallait créer ici UN LIEU où chaque Européen pouvait au travers de la diversité des provenances sentir s’exprimer l’ÂME de cette EUROPE qui cherche une VOIE PLUS HUMAINE entre un capitalisme débridé et un communisme répressif. Un "pèlerinage" que bien des Européens auraient eu à cœur de faire au moins une fois dans leur vie.

Seule Strasbourg, ville non Capitale d’Etat comme cela a été dit hier, mais emblématique d’un ESPOIR pouvait revendiquer ce positionnement en toute légitimité. Je suis sûr que personne ne l’aurait contesté.

Las, trois fois hélas, nous avons préféré faire des investissements d’une autre nature, certes utile, mais à faible retour "d’identification" européenne.

Mais pire encore, le fait de n’avoir rien fait dans ce domaine nous rend maintenant de plus en plus "désargumentés" dans la bataille du siège. Nous devons une fois de plus crier au secours auprès du Gouvernement et revendiquer une symbolique que nous n’avons jamais vraiment cultivée. Les Euros-Députés de l’Espace Rhénan qui se sont exprimés hier sur la localisation du Parlement à Strasbourg n’étaient guère optimistes tout en s’engageant à "défendre Strasbourg plus attaquée que jamais".

N’ayant pas joué auprès du grand public des 25 pays d’Europe le ROLE PÉDAGOGIQUE attribuant définitivement à Strasbourg la place de Capitale Démocratique, ville symbole de l'Europe qui était la nôtre, nous serons maintenant et de plus en plus confrontés aux froides réalités budgétaires, logistiques, ou de confort personnel qui mettront tôt ou tard n’en doutons pas Strasbourg hors du circuit Européen.

Nous aurons perdu ainsi un des plus importants gisement d’attractivité que nous n’ayons jamais eu, aux bienfaits collatéraux incalculables et surtout manqué le plus beau rôle d'humanisation que nous aurions jamais pu jouer. Strasbourg en aurait été digne, c’était sa vraie mission.

Alexis LEHMANN