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29/01/2018

De la VALLEE DU RHIN SUPERIEUR à la LIVE VALLEY

Les structures institutionnelles du Rhin Supérieur sont nombreuses et… peu connues ! Le pilier SOCIETE CIVILE de la RMT (Région Métropolitaines Tri-Nationale du Rhin Supérieur), créé maintenant il y a huit ans n’a jamais vraiment fonctionné !

 

Alors, comment faire pour que cette région laboratoire au cœur de l’Europe existe vraiment aux yeux des citoyens, visiteurs, et investisseurs, en réalité matérialisée des aspirations politico -administratives ?

 

Pour réunir et mobiliser les forces vives de ce territoire d’exception, il faut les inviter à participer à un seul et même PROJET COMMUN !

 

ASSURER LE DEVELOPPEMENT DURABLE, MIEUX COMBATTRE LES MALADIES, AUGMENTER L’ESPERANCE ET LE NIVEAU DE VIE ! Telles sont les attentes humaines majeures en ce début de siècle ! Or, il se trouve que le Rhin Supérieur est à la pointe mondiale des Sciences de  la Vie  avec cinq Prix Nobel en activité dont les Prix Nobel de Médecine, de Pharmacie, et de Chimie…!

 

Adossées à la première Université Tri Nationale d’Europe, plus de 900 entreprises, laboratoires et hôpitaux travaillent autour de ce concept qui se trouve déjà être, en terme d’emplois, le premier pourvoyeur de la Vallée, et ce dans un  marché à croissance apparemment infinie..!

 

Mais une telle ambition  ne  concerne  pas seulement les chercheurs et le monde médico-scientifique ! Positivement ou négativement, nous participons tous quotidiennement à cette quête. Chacun, dans ce domaine, joue un rôle pour lui et pour les autres !   

 

Un tel objectif, mériterait, ô combien ! Un engagement politique tri national fort, commun, dans cet espace rhénan qui génère  250  milliards d’euros de PIB ce qui est considérable, et dans lequel 6 millions de personnes respirent le même air, boivent la même eau, et partagent leur destin environnemental, économique et social !

 

Introduire le respect de la vie, le respect de l’humain dans la chaîne de valeurs est la clé des innovations futures et ce, dans tous types de produits qu’ils soient de consommation, d’équipement, ou de service ! L’ensemble des secteurs de l’Economie du Primaire au Quaternaire est désormais définitivement  impacté par cette incontournable obligation.

 

Toute la recherche orientée vers plus de vie biologique, physique, voir mentale devrait être réunie ici dans cette vallée qui connaît déjà la plus grande concentration au monde d’Industries Pharmaceutiques.

 

Pour installer un tel changement de mentalité, pour ouvrir les yeux de tous, à cette nouvelle  « Weltanschauung », il faut stimuler les esprits par un changement  radical de marque de territoire et passer d’une dénomination purement géographique « RHIN SUPERIEUR »,  à une identification  thématique clairement explicative et surtout, incitative d’action.

 

Le changement de nom de la vallée de  « Santa Clara »  en « SILICON VALLEY » a propulsé cette région peu connue des Californiens eux-mêmes, au firmament de la notoriété mondiale avec les répercussions économiques que l’on connaît !

 

La transformation de  « Rhin Supérieur » en «  LIFE VALLEY »  aurait des résultats similaires. Sa légitimité historique et scientifique  pour prétendre s’approprier  une  telle  appellation est indiscutable !

 

Personne ne peut aujourd’hui chiffrer les conséquences d’une telle modification sur l’attractivité, la croissance et la richesse vive de cette Vallée Tri - Nationale.

 

La revue « Industries and Tags » de San José (Californie) a récemment  rappelé que la richesse vive de la SILICON VALLEY  a, entre 2000 et 2015, augmenté deux fois plus vite que celle de l’ensemble des US… !

 

Un engagement fort, solidaire, des autorités politiques, des acteurs économiques publics et privés, mais aussi des citoyens propulsera  cette belle Vallée du Rhin, la LIFE VALLEY dans un futur d’exception  en lien génétique  avec les Valeurs d’Humanisme  qui caractérisent, au-delà de ses séquences tragiques, la vraie réalité de sa longue Histoire !

 

Il est stipulé dans la Charte des Droits de l’Homme dont Strasbourg est la Capitale, que «  Tout individu a droit à la Vie ! » ! Nous ne pouvons pas, en respect des générations actuelles et futures, laisser passer une telle opportunité. Elle est susceptible de faire exister aux yeux du monde ce petit  territoire rhénan de 22000 km², orthocentre de l’Europe, qui réunit l’Alsace, le sud du Palatinat, le Bade Wurtemberg, et la Suisse du nord !

 

 

Alexis LEHMANN

Administrateur de la Fondation Entente Franco-Allemande.
En charge de l’économie transfrontalière.

02/06/2017

LE RHIN SUPERIEUR : La « LIFE VALLEY » !

Un projet de Alexis Lehmann - Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA)

 

HISTORIQUE :

Il y a plus de 2000 ans la Vallée du Rhin Supérieur était déjà du temps des Celtes la « vallée du mieux et du bien vivre » !

Les druides faisaient office de médecins guérisseurs. Ils étaient profondément observateurs de la nature, intrigués par le renouvellement des plantes qui mouraient… et renaissaient chaque année !

Le gui notamment attirait leur curiosité ! Plante qui pousse en hiver, hors sol, sur un arbre… qui en plus se trouve être l’arbre sacré par excellence : le chêne.

Si aujourd’hui encore, chaque année, on a coutume de s’embrasser sous le gui c’est pour conjurer la malédiction et le mauvais sort !

Plus tard, le Romain Pline l’Ancien l’appellera « l’herbe de la vie ». Nous savons aujourd’hui que cette plante est la plus riche en ADN du monde végétal avec plus de 600 substances protéiniques. Si les baies en sont toxiques, les vertus antispasmodiques et antihémorragiques de ses feuilles étaient déjà connues.

Les Romains quant à eux chantaient, en plus des plantes, les louanges bénéfiques et divines des sources thermales. Méditrina était alors la Déesse des médecins et des pharmaciens qui dispensait ses bienfaits à travers les différentes eaux. Dans toute la région du Rhin Supérieur, on retrouve les nombreuses sources thermales qui jalonnaient et jalonnent encore aujourd’hui les deux rives du Rhin entre Baden en Suisse, et Baden-Baden dans le pays de « Bade » justement ! et ce, jusqu’au geyser d’Andernach près de Coblence, où jaillit encore inlassablement une eau salvatrice et chaude à plus de 74 °.

En 1100, Hildegarde de Bingen un peu plus bas dans le Rhin, s’est notamment illustrée par la mise en place de réseaux de pharmacies domestiques « Hausapotheke » qui se sont ensuite développés tout au long du fleuve.

Au 16ème siècle, les réputés « Humanistes » de la Vallée Rhénane ne s’occupaient pas seulement de philosophie et de la santé des âmes mais aussi de celle de nos corps. En l’absence d’universités et d’instituts de chercheurs, ils ont tissé des réseaux de « sapiteurs » domestiques connaissant les vertus des plantes médicinales qu’ils proposaient aux malades et aux personnes souffrantes.

Certaines de ces officines étaient même destinées à des interventions chirurgicales ! Les barbiers-chirurgiens sont longtemps restés célèbres dans la vallée.

Ainsi de siècle en siècle, malgré les épidémies, les guerres et les affrontements, cette vallée a toujours repris son cap vers le rêve d’une vie meilleure et plus longue, sur base de la richesse de sa faune, de sa flore et de ses capacités intellectuelles.

Aujourd’hui, la vallée du Rhin Supérieur présente un niveau d’excellence record dans les Sciences de la Vie et peut, forte de ses arguments scientifiques et historiques irréfutables, postuler en toute légitimité au titre de « LIFE VALLEY ».

 

LE PROJET

Pour se distinguer des appellations administratives ou géographiques, différentes régions dans le monde ont repris l’appellation « Valley » autour du sujet porteur de leur expertise d’excellence – à commencer par la célèbre « Silicon Valley » aux Etats-Unis, la « Premium Valley » des constructeurs automobiles dans le sud de l’Allemagne, la « Health Valley » en Suisse romande, et, plus récemment la « Silver Economy Valley » en Lorraine avec son industrie destinée au troisième âge.

Dans tous ces territoires, les avantages se sont rapidement révélés mesurables : impulsions à l’économie régionale, investissements structurants, augmentation de la valeur foncière, création d’une image de marque conduisant à un fort développement des activités industrielles et tertiaires, et partant, sources d’emplois.

La marque « Upper Rhine Valley » récemment lancée par la RMT (Région Métropolitaine Trinationale du Rhin Supérieur) se contentait de délimiter un territoire géographique. Le terme « Life » lui apportera une thématique et surtout une dynamique.

Tous les atouts sont là…

Les six millions d’habitants de la région du Rhin Supérieur sont en train, sans s’en rendre vraiment compte, de vivre une nouvelle révolution industrielle susceptible de leur apporter prospérité économique et croissance à long terme. La présence en son sein d’un secteur industriel trinational des Sciences de la Vie et de la Santé est un atout majeur pour le futur.

900 entreprises de la Vallée travaillent dans ce domaine. En termes d’emplois, il s’agit déjà du premier employeur catégoriel. Il y a là une concentration unique d’entreprises, notamment pharmaceutiques, de pôles, de clusters, d’instituts, de laboratoires et d’hôpitaux qui font vivre ce large domaine ouvert sur les produits, les activités et les marchés de demain.

Près de 40% de la recherche mondiale dans le secteur de la biologie moléculaire et cellulaire, de la génétique, des neurosciences, mais aussi de la robotique médicochirurgicale sont ici rassemblés. La Vallée du Rhin Supérieur est un Pôle d’Excellence dans la connaissance de l’être humain, ses maladies et ses thérapies.

Pas moins de six Prix Nobel creusent ici les secrets d’une vie meilleure et plus longue, dont le Prix Nobel de Médecine Jules Hoffmann et le prix Nobel de Chimie Jean Marie Lehn, entourés de centaines de scientifiques de très haut niveau.

L’Upper Rhine Life Valley remplit toutes les conditions de légitimité pour une telle appellation. Elle repose d’abord sur une université et un campus européen exemplaire.

L’université trinationale du Rhin Supérieur Eucor fournit, sous de nombreux aspects, un concours majeur et déterminant par la formation de scientifiques, de techniciens et de chercheurs de haut niveau.

Si la Silicon Valley a pris une option vers le « Transhumanisme » et l’«Homme Connecté », à l’aide de prothèses et de capteurs; l’option prise par la Vallée du Rhin Supérieur, sans renier l’option digitale, consiste aussi à creuser les secrets même du génome et sa capacité d’auto résistance immunitaire aux dérives et aux dysfonctionnements de notre biotype.

A ce sujet, il convient de signaler que l’espérance de vie dans cette vallée n’est pour l’instant pas exceptionnelle. Il y aurait lieu de faire une étudie épidémiologique trinationale pour identifier les causes environnementales et/ou comportementales de de ce classement de manière à pouvoir y remédier.

En dehors de la problématique des transitions écologiques et énergétiques qui ne peuvent se résoudre séparément, pays par pays, la quasi-totalité des secteurs de l’économie seront entraînés dans cette nouvelle vision. A l’évidence d’abord le tourisme, les stations thermales, le réseau des eaux minérales, le réseau agricole, viticole, sylvicole, les industries alimentaires et les équipementiers robotiques. Tout ceci sur base de puissants développements de l’activité numérique.

Personne en fait, quel que soit le produit ou le service proposé, quel que soit l’usager ou le producteur, ne pourra se dire exclu de cette préoccupation constante d’améliorer les effets sur une vie meilleure, plus longue et plus facile du produit ou du service proposé. C’est d’ailleurs ce regard sur l’amélioration de la qualité biologique, physique et chimique de ce que nous consommons et sur les critères ergonomiques, de praticité et de durabilité de ce que nous utilisons qui seront la source des innovations et des marchés futurs.

 

UN PROJET RESOLUMENT TRANSFRONTALIER…

Le projet est conduit dans une première phase par la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA), par son Président, Jean-Georges Mandon et Alexis Lehmann son concepteur, en charge du programme.

Il y a dans le monde quatre grandes régions qui excellent dans la recherche du Graal d’une vie sinon éternelle, du moins durable et en bonne santé :

  • La Silicon Valley en Californie, le Life Center de Boston dans le Massachusetts, la Région de Kobe au Japon avec le Pr Yamanaka, Prix Nobel de Médecine 2012, et… LE RHIN SUPERIEUR !

Il est temps de hisser cette Vallée trinationale d’exception, cette magnifique Vallée du Rhin Supérieur, au niveau international de notoriété et d’attractivité mondiale qu’elle mérite !

 

 

Alexis Lehmann - 02 juin 2017

 

 

 

06/12/2016

L'Europe, ses valeurs et ses règles

"L'UNION EUROPÉENNE vit sur des apparences de "grande puissance", celle d'un ensemble géopolitique de 510 millions de citoyens (Royaume-Uni compris) et celle de "première puissance économique du monde" en cumul des PIB. Or, il faut "décoder".

D'abord, il n'y a pas de "citoyen" européen, car il n'y a toujours pas d'"État européen". On ne peut être citoyen que d'un État et le Brexit est venu rappeler que la seule citoyenneté pertinente et décisionnelle est celle de chaque pays membre.

L'UE est un "BABEL" de 27 démocraties diverses et souveraines, une construction modulaire séparable à tout moment. Les aspirations populistes et nationalistes jouent chaque jour un peu plus de cette faculté pour orienter les peuples vers un avenir solitaire. En ce qui concerne la puissance économique et stratégique, elle n'est hélas pas opérationnelle du fait des difficultés à trouver des accords communs sur les grands sujets. Défense, immigration, transition écologique, transition énergétique, protection sociale, droits de douane, etc., aucune option commune ne peut être prise d'autorité par la Commission européenne sans l'accord des différents membres. Quelle question faudrait-il donc poser pour obtenir une réponse unanime à 27 ? Qui peut penser qu'une telle méthode de direction soumise à des gouvernants aux yeux vissés sur leurs compteurs électoraux nationaux puisse fonctionner ?

"Nous devons accepter de perdre un peu plus de notre souveraineté"

Aucune système démocratique de commandement ne peut s'exercer sans la soumission à la règle de la majorité. On peut à l'"unanimité" partager les mêmes valeurs, comme le rappelle Mme Merkel ; elles sont certes nobles, belles, idéales, mais leur partage, même "unanime", n'est pas suffisant pour obliger les partenaires à appliquer une stratégie d'actions communes susceptible de répondre aux enjeux de la Communauté européenne.

Nous sommes ici à Strasbourg beaucoup d'Européens convaincus. Mais l'idéal d'union et de solidarité qui a fonctionné sous l'impulsion des pères fondateurs qui voulaient construire les "États Unis d'Europe" s'éloigne à l'infini...

L'UE a fonctionné tant que les choses allaient bien pour tous ses membres, au moment notamment des Trente Glorieuses. Aujourd'hui où nous sommes pratiquement dans une situation inverse, l'effort d'adaptation à faire pour construire un "ensemble politique et géographique intégré" semble hélas hors de portée ! C'est pourtant la seule solution pour que l'UE ne reste pas un "machin" et pour que nos vieux pays puissent se situer à égalité de puissance avec les États-Unis et les grands de ce monde.

Dans son dernier livre Jean Tirole, notre prix Nobel d'économie, conclut son chapitre sur l'Europe en écrivant : "Si nous Européens, nous voulons vivre sous un même toit, nous devons accepter de perdre un peu plus de notre souveraineté, réhabiliter "l'idéal européen" et rester unis autour de cet idéal !". Mais, ajoute-t-il, "ceci n'est pas une mince affaire".

 

                                                                                                      Alexis Lehmann - Article DNA du 03.12.16

 

 

24/11/2016

Donald Trump et l’Union Européenne

Alexis Lehmann jette un regard sur l’avenir des relations transatlantiques. Et sur l'avenir de l'Europe.

En tant qu’entrepreneur froid mais avisé, Donald Trump fera une analyse sans complaisance des forces et des faiblesses de l’Union Européenne, des risques dans lesquels elle peut l’entraîner et des opportunités qu’il peut en tirer.

Il sait que notre Union Européenne vit depuis près de 70 ans sur des apparences de « grande puissance ».

La première étant celle d’un ensemble géopolitique de 670 millions* de citoyens, et la seconde, de « première puissance économique du monde » en cumul des PIB des 27 pays de l’Union. Or, il faut « décoder ».

D’abord, il n’y a pas de « citoyen » européen, car il n’y a toujours pas d’ « Etat Européen ». On ne peut être citoyen que d’un Etat et le « Brexit » est venu rappeler que la seule citoyenneté pertinente et décisionnelle est celle de chaque pays membre.

L’UE est un « Babel » de 27 démocraties diverses et souveraines, une construction modulaire séparable à tout moment. Les aspirations populistes et nationalistes jouent chaque jour un peu plus de cette faculté pour orienter les peuples vers un avenir solitaire. En ce qui concerne maintenant la puissance économique et stratégique, elle n’est hélas pas opérationnelle du fait des difficultés à trouver des accords communs sur les grands sujets. Défense, immigration, transition écologique, transition énergétique, protection sociale, droits de douanes etc., aucune option commune ne peut-être prise d’autorité par la Commission Européenne sans l’accord des différents membres.

Quelle question faudrait-il donc poser pour obtenir une réponse unanime à 27 ? Qui peut raisonnablement penser qu’une telle méthode de direction, soumise à des gouvernants aux yeux vissés sur leurs compteurs électoraux nationaux, puisse fonctionner ?

Aucun système démocratique de commandement ne peut s’exercer sans la soumission à la règle de la majorité…

On peut à l’ « unanimité » partager les mêmes Valeurs comme le rappelle Angela Merkel : Elles sont certes nobles, belles, idéales, mais leur partage même « unanime » n’est pas suffisant pour obliger les partenaires à appliquer une stratégie d’actions communes susceptible de répondre aux enjeux de la Communauté Européenne.

La seule Europe qui fonctionne est l’Europe institutionnelle et bureaucratique. Elle fonctionnera longtemps encore, loin des peuples et de leurs problèmes.

Alors pour l’instant, Donald Trump a le champ libre pour mettre en place le programme qu’il veut dans la pure optique des intérêts de son pays… !

Nous sommes ici à Strasbourg beaucoup d’Européens convaincus, mais il faut bien admettre que l’idéal d’union et de solidarité qui a fonctionné sous l’impulsion des Pères Fondateurs qui voulaient construire les « Etats Unis d’Europe » s’éloigne à l’infini…

L’UE a fonctionné tant que les choses allaient bien pour tous ses membres, au moment notamment des Trente Glorieuses…. Aujourd’hui où nous sommes pratiquement dans une situation inverse, l’effort d’adaptation à faire pour construire un « ensemble politique et géographique intégré » semble hélas hors de portée ! C’est pourtant la seule solution pour que l’UE ne reste pas un « machin » et pour que nos vieux pays puissent se situer à égalité de puissance avec les Etats-Unis et les grands de ce monde. Je doute que nous ayons encore soixante-dix ans de plus devant nous pour y arriver…

Dans son dernier livre Jean Tirole, notre Prix Nobel d’Economie, conclut son chapitre sur l’Europe en écrivant : « Si nous Européens, nous voulons vivre sous un même toit, nous devons accepter de perdre un peu plus de notre souveraineté, réhabiliter « l’idéal Européen » et rester unis autour de cet idéal ! »

Mais, rajoute-t-il, « ceci n’est pas une mince affaire ».

* Population de l’Angleterre déduite.

 

Alexis Lehmann - 24.11.16

 

19/04/2016

Les «Erasmus» : Lueur d’espoir pour une Europe qui se fragmente

Cela fait maintenant plus de 60 ans que l’Union Européenne, première puissance économique du monde, cherche à faire entendre sa voix et à exister dans l’univers concurrentiel mondial structuré en continents.

L’objectif de départ était bien celui-là ! «Nous allons construire les Etats-Unis d’Europe», proclamait Jean Monnet en 1952 ! Les différentes séquences de la construction se sont ensuite enchaînées les unes après les autres : CECA, CEE, Schengen et plus récemment, pour 18 pays, Maastricht et la monnaie unique européenne !

L’avancé était certes lente, mais tout semblait bien parti dans une Europe enfin en paix, stimulée par la puissante poussée des Trente Glorieuses ! Là, aujourd’hui, l’Union est soumise à des retournements de situation et à de multiples épreuves : absence de croissance, déconfiture de l’économie, perte de compétitivité de nombreux membres, chômage, crise agricole, crise des migrants, terrorisme, menaces d’exits de plusieurs partenaires – on pourrait rallonger la liste !

L’enthousiasme européen a disparu et a fait place aux perverses et stupides théories des retours sur soi, des égoïsmes et des nationalismes. Il est vrai que la plupart des gouvernants a les yeux vissés sur les compteurs électoraux nationaux, et plus aucun d’entre eux, ni d’ailleurs aucun responsable des Institutions Européennes n’aurait le courage de reprendre aujourd’hui à son compte la promesse de Jean Monnet !

D’après le dernier Gallup International, sur les 508 millions de citoyens européens, près de 40% ne croient plus du tout à la réussite du projet. Et pourtant, dans cette atmosphère eurosceptique et défaitiste, on voit poindre une lueur d’espoir qui peut s’avérer être très significative.

Les jeunes universitaires européens du système «Erasmus» ne cessent de se développer. Ils étaient 3000 en 1987, 130000 en 2004, 300000 aujourd’hui. Éduqués et lucides, ils savent qu’aucun pays de l’Union, pris individuellement, n’a la capacité de leur garantir un avenir et d’en procurer un à la jeunesse d’Europe.

Ils ont compris que cette « Europe qui n’intéresse personne» est en fait la clé de presque tous les problèmes auxquels les citoyens européens sont confrontés dans leur quotidienneté ! Chômage, pouvoir d’achat, immigrations, terrorisme, transition écologique et énergétique, défense.

Ils savent aussi très bien que si l’enthousiasme des «Pères fondateurs» se meurt, c’en est fini du projet ; «no spirit, no project, no futur !»

Pour le patron de cette belle institution, Erasme de Rotterdam, la construction européenne était possible car, disait-il : «Les Allemands, Anglais, Italiens, Espagnols etc… peuvent s’entendre et coopérer parce qu’ils partagent la même foi chrétienne !» Il n’est évidemment plus question aujourd’hui de faire appel à une seule et même appartenance religieuse pour solidifier les bases d’une communauté de destin, mais il est indéniable que s’il n’y a pas une «foi» commune en un projet commun autour de valeurs d’humanité qui sont communes, rien ne pourra jamais se faire !

C’est d’ailleurs à ces «valeurs» d’humanité et non à des valeurs spirituelles confessionnelles que le Pape François faisait allusion dans son discours prononcé au Parlement Européen en octobre 2014 : «Europe où est ta vigueur, où sont les valeurs qui t’ont rendue grande ?»

Souhaitons à ces jeunes «Erasmus» de grandir encore en nombre, de rallumer la flamme, de prendre les commandes pour, en tant que nouveau ferment, assurer l’émergence d’un Etat Européen. Etat, qui pourrait par exemple comme l’a suggéré Valérie Giscard d’Estaing, se construire autour du noyau dur de la monnaie unique.

En effet, l’époque est favorable ! Dans la tourmente actuelle, et après avoir dit souvent pis que pendre des contraintes imposées par l’Union, jamais les différents gouvernants n’ont fait autant appel à l’entraide, à la cohésion et à la solidarité européenne.

Alors, en avant la «Jeune Europe», l‘avenir est entre vos mains !

Alexis Lehmann, Président d’Honneur de «Strasbourg Évènement», Vice-Président d’SPE «Strasbourg pour l’Europe» et administrateur de la Fondation Entente Franco-Allemande (FEFA), compte parmi les contributeurs fidèles d’Eurojournalist(e).

 

Alexis Lehmann - 19 avril 2016

01/07/2015

Mai 2015 : Strasbourg doit relancer l'Union Européenne !

Les 14 et 19 mars derniers, coup sur coup, deux articles pessimistes quant à la situation et à l’avenir de l’Union Européenne ont été publiés dans le journal le MONDE.

L’un, intitulé : « l’Europe au risque de la fragmentation » et l’autre : « Europe, faux postulats et vraie déprime » !

Si ce grand journal a décidé de les publier, c’est que vraisemblablement, il les a trouvés pertinents ou du moins révélateurs d’une opinion de plus en plus répandue. 

À ce jour, ils n’ont soulevé ni contestation ni réaction de la part d’aucun des 731 parlementaires  européens… ! Ils iront donc grossir la documentation déjà volumineuse des europessimistes et des eurosceptiques, et désespérer encore un peu plus les Européens qui y croient encore…

D’ailleurs qui pensent aux  630 millions d’habitants de l’Union Européenne attendant depuis 70 ans maintenant, que ce rêve insensé, issu du feu et du sang, de créer un jour les États-Unis d’Europe, se réalise ? 

70 ans ! Trois générations… Pour ne pas y arriver !

Il y a eu certes des avancées : la libre circulation des biens et des personnes, le passeport européen, une monnaie unique dans 19 pays de l’Union et surtout, surtout 70 années de paix sans interruption. Un miracle sur le vieux Continent.

Mais cette paix, inestimable apport, est à nouveau menacée à nos portes, et la perspective de conflits de toutes natures, civils, religieux, politiques, préoccupe de plus en plus les esprits.

Les déplacements de François Hollande et d’Angela Merkel, seuls, auprès de Wladimir Poutine, assortis au silence du Conseil Européen  dans le conflit ukrainien prouvent que l’Europe politique n’existe toujours pas !   

Ces fléaux potentiels ne pourront être prévenus et dominés que si une organisation gouvernementale représentative des nations européennes existe vraiment.

À ce jour, tous les essais ont été infructueux.

La Communauté Européenne de Défense a échoué en 1954. Quelques années plus tard, la réflexion, partant cette fois des intérêts économiques réciproques, a été reprise. Le Marché Commun n’a pas abouti à une organisation politique de l’Europe... Même l’abandon des monnaies nationales, et le lancement de l’Euro, monnaie commune partagée par 19 pays de l’Union ne s’est pas transformé en une entité politique de l’Eurozone... !

Quand verra-t-on se réaliser cette grande œuvre humaine citoyenne qui avait pour objectif de créer pacifiquement, un nouvel État Continent adapté à la géo-politique du monde ?

L’objectif fondamental était la sécurité certes, mais aussi la prospérité de l’ensemble des citoyens européens et non la survivance institutionnelle, politique, autonome et souveraine des États Partenaires !

L’opinion publique européenne a compris depuis longtemps qu’aucun de grands problèmes de notre temps, chômage, croissance, écologie, défense, immigration, énergie, pollution, développement durable, avènement numérique et digital ne pouvait  se régler isolément, pays par pays.

Daniel Cohn Bendit rappelle que dans quelques années plus aucun des pays de l’ancienne Europe, même pas l’Allemagne, ne sera présent au sein des grandes puissances du G8. « Nous serons tous morts ! » dit-il !

Or, en ces temps économiques difficiles  ce sont  juste les thèses adverses qui refont école… Populismes, nationalismes, et ambitions électoralistes, reviennent un peu partout au goût du jour…

L'Europe s’enlise, s’endort. Les rouages institutionnels fonctionnent certes, mais sans connexion avec les citoyens, sans lien réel avec les besoins et les attentes des peuples.

Chaque pays continue de jouer sa carte, figé dans l’immobilisme, funeste conséquence de la règle du vote à l’unanimité.

Les voix des Monnet, Schuman, Adenauer… ; les grands appels, pathétiques à la raison et à l’union, lancés en 1945 par les Pères de l'Europe se perdent dans les brumes de l’Histoire.

L'Union Européenne végète, et n’arrive pas à faire le saut final vers une Europe Puissance, à souveraineté partagée, acceptée et comprise par tous !

N’est-il pas temps, 70 ans après cette prise de conscience historique, de renouveler l’appel, de reformuler le projet  avec le 21e siècle en perspective ?

L’Europe est née ici à Strasbourg, et Strasbourg et les Alsaciens ont une mission particulière envers elle.

Nous sommes tous des Européens convaincus au même titre que nos proches voisins d’outre-rhin et ne pouvons laisser les pays d’Europe dériver dans l’impasse des isolements, des compétitions et des conflits dont nous connaissons trop bien les signes précurseurs, toujours illustrés par les retours sur soi.

Proposons aux Européens, surtout aux jeunes générations, une nouvelle vision, un nouveau cap, un nouvel idéal européen. Établissons un programme dans le temps. Choisissons la structure fédérale ou confédérale… Commençons par terminer l’Union Économique et monétaire, encore truffée d’asymétries de tous ordres.

Si nous n’avançons pas vers une organisation intégrée nous serons marginalisés, invisibles et inaudibles sous la pression des grandes mouvances démographiques économiques monétaires et politiques. Celles-ci continuent, irréversiblement, à restructurer le monde dans sa globalité.

Les Européens, tous ensembles, représentent  à peine plus 8% des 7,2 milliards d’hommes qui vivent sur notre planète… ! La France seule n’atteint pas 1 % de la population mondiale !

Soyons lucides sur nos capacités individuelles face à la configuration de notre univers concurrentiel  mondial.

70 ans après la fin de la guerre, Strasbourg se prépare à fêter cet anniversaire de manière exceptionnelle. N’est-ce pas le moment pour que notre Ville, à cette occasion lance un appel vibrant aux Peuples et aux Gouvernants d’Europe, pour que ce rêve fou, d’une Union Politique Intégrée, des « États Unis d’Europe », se matérialise en plan d’action effectif, séquencé dans le temps, pour devenir enfin, réalité ?

 

Alexis Lehmann

Président d’Honneur de Strasbourg Evènements 

12/11/2014

Seule ou pas seule, l’avenir de l’Alsace se jouera dans la Vallée du Rhin

 « La Lorraine ou la Lorraine et la Champagne-Ardenne ne peuvent représenter pour nos deux départements des marchés potentiels nouveaux, des sources d’enrichissement inexploitées, ou des bassins d’emplois prospectifs.

Nos relations économiques hexagonales sont établies et éprouvées depuis longtemps. D’ailleurs, ce serait un curieux objectif pour une réforme territoriale, que de fomenter une intensification de la concurrence à l’intérieur même d’un nouveau cadre institutionnel où les gains des uns seraient les pertes des autres…

Au travers d’un long cheminement de coopération, des centaines d’entreprises, allemandes et suisses notamment, sont installées en Alsace. Elles fournissent du travail à des milliers de nos compatriotes : 62 000 Alsaciens, frontaliers, travaillent en Allemagne et en Suisse. Quel que soit le choix politique en termes de découpage national, cette dynamique de voisinage est pour l’Alsace indispensable, vitale. Pas question donc de changer de stratégie. Nous avons à nos portes un marché neuf de plus de 150 milliards de PIB (Sud Palatinat, Pays de Bade, Nord de la Suisse). Certes les « asymétries de compétitivité » entre les pays riverains existent toujours, mais elles n’ont pas empêché l’Alsace d’être le premier client et le premier fournisseur local de ces deux voisins.

Si nous n’arrivons pas ici, aux frontières, et c’est aussi le cas pour la Lorraine, à trouver des solutions opérationnelles d’harmonisations fiscales, juridiques, sociales, normatives avec les pays membres de l’UE, et particulièrement avec l’Allemagne, l’intégration politico-économique de l’Europe ne se fera jamais.

L’Europe des régions

On peut d’ailleurs s’étonner du silence de la Commission Européenne de Coopération Territoriale dans cet important remembrement français. Elle sait parfaitement que sur les 362 régions que compte le Conseil de l’Europe, 140 sont des zones frontalières. Elle sait aussi que ce sont justement ces régions-là qui seront les pièces maîtresses d’une nouvelle configuration économique de l’Europe : celle de “l’Europe des régions”. Elles assument le rôle de zones “motrices” du développement trans-étatique, susceptibles d’amener les pays membres à évoluer vers une économie plus fluide, plus ouverte, plus européenne.

Quid de la France dans une telle configuration ?

La France a tout intérêt à pousser l’ensemble de ses régions frontalières dans cette voie.

L’Alsace, par exemple, est l’une des régions françaises les plus fortement “contributives” à la solidarité nationale.

L’impôt sur le revenu y dépasse la moyenne nationale par tête d’habitant, notamment grâce au niveau de ses salaires moyens et à l’apport des salaires des frontaliers. Par ailleurs, toutes les entreprises étrangères installées de ce côté du Rhin payent bien sûr, elles aussi, impôts, taxes et cotisations sociales en France. Enfin et surtout l’Alsace déleste les effectifs du chômage national (voir plus haut) que nous sommes incapables d’absorber quelle que soit la configuration territoriale retenue demain. Sous tous ces aspects, nous devrions être, en tant qu’Alsaciens, plutôt félicités que jalousées.

Élargir le modèle économique transfrontalier

La bonne opération territoriale française consistera donc à élargir le modèle économique transfrontalier à d’autres régions frontalières plutôt que de le négliger ou que de l’ignorer.

Alors, quelle que soit demain notre nouvelle région d’appartenance, seule ou pas seule, “En Avant l’Alsace !”»

* Administrateur de la Fondation Entente Franco-Allemande, ancien dirigeant d’entreprise à Strasbourg

 

Alexis Lehmann publié le 7.11.14

 

06/11/2014

« L’Or du Rhin coule toujours sous nos pieds »

« Au lendemain des élections municipales, à la veille des élections européennes et dans la perspective d’un nouveau découpage des régions de France, il paraît opportun de situer l’Alsace dans sa perspective de développement.

Le Traité de Lisbonne, consacré aux régions européennes, prévoyait dans son Agenda 2020 de renforcer les régions métropolitaines. Où en sommes-nous sur les bords du Rhin ?

La Région Métropolitaine Tri Nationale du Rhin Supérieur (RMT) a été officiellement créée à Offenburg le 9 décembre 2010. Elle est l’aboutissement d’une longue tradition de voisinage et d’interdépendance entre les trois pays riverains. Sous un certain aspect, elle fonctionne. Aujourd’hui, le premier employeur alsacien est la Suisse, le premier investisseur en Alsace est l’Allemagne et le premier pourvoyeur de main-d’œuvre, ressource capitale, aux deux partenaires est la France.

Le premier constat que l’on peut faire est que l’existence de cette structure trinationale est relativement peu connue du grand public. Pour ceux qui en ont entendu parler, les objectifs semblent très « organisationnels » par rapport aux attentes factuelles des citoyens telles qu’elles apparaissent dans l’Étude TNS SOFRES réalisée en 2006 par la Fondation Entente Franco-Allemande. Les habitants voulaient à près de 90 %, quelle que soit leur nationalité : un renforcement de la coopération, un renforcement du bilinguisme, un plan de développement économique et social commun, plus de voies de communications terrestres ferroviaires et numériques, plus de ponts etc.

Une architecture à refonder

En ce qui concerne l’organisation de la RMT, il apparaît que des améliorations pourraient être obtenues en refondant l’architecture. Les quatre piliers, Politique, Economie, Sciences et Société Civile, sont placés sur un même niveau alors que leurs potentiels d’action sont considérablement inégaux.

Les piliers de l’Économie et du Savoir (Sciences, Universités, Ecoles) sont en fait les deux éléments majeurs et vrai blocs moteurs. Non seulement il faut les situer au centre du système mais encore faire en sorte de créer entre eux des connections multiples.

Toute l’histoire de l’industrie depuis son avènement repose sur la relation entre entrepreneurs et chercheurs d’une part, entrepreneurs et salariés d’autre part. Ce double mécanisme se réalise aujourd’hui dans les clusters transfrontaliers dont il faut renforcer l’existence. Les passerelles entre Économie et Savoir doivent concerner non seulement les grandes entreprises, universités et grandes écoles, mais toutes nos entreprises et toutes nos écoles.

Parlant « emploi », et pour éviter la perte potentielle de plus de 50 000 emplois frontaliers alsaciens dans les prochaines années, il faut saluer les expérimentations menées par la CCI Alsace avec le programme « Wirtschaft macht Schule, et les programmes « Mobil pro EU » et « Job for my Life » récemment repris par la Région Alsace (Accord cadre de l’apprentissage transfrontalier).

Il faut des salariés et des acteurs économiques bilingues susceptibles de proposer les services et les produits français à nos voisins suisses et allemands, lesquels font pareil dans l’autre sens.

Une puissance commune

Les trois partenaires de cette aventure ont tous des forces et des faiblesses mais aucun ne peut rêver accéder tout seul à un niveau de compétition mondial. Pour y arriver il nous faut passer de la notion d’espace commun à celle de puissance commune. Cela ne pourra se faire que si l’on emmène la société civile dans cette belle aventure.

Elle est aujourd’hui le maillon faible du dispositif. Or les citoyens représentent le catalyseur incontournable pour réussir la délicate alchimie du « vivre et du réussir ensemble » malgré les différences. Il faut créer chez eux un sentiment d’unité d’appartenance.

À cette fin je propose que le pilier « société civile » réputé être le plus difficile à mobiliser soit en fait placé comme socle et non comme pilier dans l’architecture du système.

Comme la Silicon Valley

La RMT est une appellation trop administrative. De plus elle clive chacun dans son identité nationale. « Upperrhein Rhein Valley », appellation utilisée pour la promotion internationale, « Vallée du Rhin Supérieur » en français ou « Oberrheinthal » en allemand, avec un logo commun, pourrait mieux convenir pour faire émerger cette notion d’appartenance à une même communauté.

La Silicon Valley n’a pas dépensé, administrativement parlant, un centime pour construire son image mondiale. Ce sont les entreprises qui, de la plus petite à la plus grande, se sont identifiées « Silicon Valley ».

Ainsi, des géants du silicium, jusqu’aux maisons de retraite et aux clubs de pêche, tous ont participé à la construction de son image et propulsé cette vallée, encore inconnue il y a 30 ans, vers les sommets de la notoriété mondiale.

Vallée du « Savoir » depuis les Romains, Gutenberg et les humanistes rhénans, le Rhin Supérieur a largement assez d’atouts pour retrouver sa place et revenir à la pointe de la notoriété européenne et mondiale. Ce serait, le plus beau cadeau que cette vallée, enfin européenne et pacifiée, pourrait faire aux générations futures.

Personne n’imagine les retombées et les plus values de ce fantastique projet s’il est poussé à son terme.

Alexis Lehmann, administrateur de la Fondation Entente Franco Allemande

Publié le 06.11.14

 

 

 

11/04/2014

Perspective rhénane

Au lendemain des élections municipales en France et à la veille des élections législatives européennes, il me paraît opportun de situer l’Alsace dans sa perspective de développement au cœur d'un espace européen privilégié. Le Traité de Lisbonne, consacré aux régions européennes, prévoyait en effet, dans son Agenda 2020, de renforcer les Régions Métropolitaines. Où en sommes-nous, ici, sur les bords du Rhin ?

La Région Métropolitaine Tri Nationale du Rhin Supérieur (RMT) a été officiellement créée à Offenburg le 9 décembre 2010. Elle est l'aboutissement d'une longue tradition de voisinage et d'interdépendance entre les trois pays riverains. Sous un certain aspect, elle fonctionne. Aujourd’hui, le premier employeur alsacien est la Suisse, le premier investisseur en Alsace est l’Allemagne et le premier pourvoyeur de MO, ressource capitale, aux deux partenaires, est la France. Cette triangulation est certes évolutive.

Il ne s'agissait pas, dans l’esprit des fondateurs, de créer une Région administrative comme l'appellation "région" pouvait faussement le faire croire, mais "d'assurer une meilleure coordination entre ces trois acteurs". L'objectif  étant de faire du Rhin Supérieur une des "Régions les plus compétitives d'Europe".

Ambition hardie du fait de l'absence d'une Grande Métropole Urbaine qui, en général, est à la base de ces concepts, mais ambition carrément audacieuse dès lors qu'il s'agit d'imaginer une Région sur base de trois cultures différentes, de trois organisations politiques, de deux monnaies et de deux langues.

Ambition exaltante, cependant totalement justifiable sur la base des chiffres globaux de cet espace commun : 6 millions d'habitants, 22 000 km², plus de 200 Milliards de PIB.

À date, le premier constat que l'on peut faire est que l'existence de cette structure tri nationale est relativement peu connue du grand public. Pour ceux qui en ont entendu parler, les objectifs semblent  très "organisationnels" par rapport aux attentes factuelles des citoyens telles qu'elles apparaissent dans l’Étude TNS SOFRES réalisée en 2006 par la Fondation Entente Franco-Allemande. Les habitants voulaient à près de 90%, et ce, quelle que soit leur nationalité : un renforcement de la coopération, un renforcement du bilinguisme, un plan de développement économique et social commun, plus de voies de communications terrestres ferroviaires et numériques, plus de ponts, etc.

Les deux craintes fondamentales des citoyens étaient alors : la peur de la maladie et la peur du chômage. On peut penser que, sept ans après, la peur de la maladie existe toujours mais que la peur du chômage s’est considérablement amplifiée en Alsace, alors que celle de manquer de MO a augmenté en Allemagne et en Suisse. Ces deux pays sont en effet préoccupés, à juste titre, par le vieillissement de leur population, cumulé avec une baisse de la natalité. Pour l'instant, ils font face à cette pénurie, en employant de la MO étrangère qualifiée, parmi laquelle peu d'Alsaciens en dehors des frontaliers.

En ce qui concerne l'organisation de la RMT, il apparait que des améliorations pourraient être obtenues, en refondant l'architecture du dispositif. En effet, les quatre piliers, Politique, Economie, Sciences et Société Civile, sont placés sur un même niveau alors que leurs potentiels d'action sont considérablement  inégaux.

Au pilier "Politique" par exemple, les grandes orientations, le pilotage, les négociations avec les autorités de tutelles nationales et européennes, le développement durable. À lui aussi la gestion des structures administratives communes (Eurodistricts) et celle des voies de communication (fer, routes, fluviales, ponts, aéroports, réseaux numériques etc.). Toutes ces questions, écologie, mobilité et fluidité ne peuvent être réglées qu'au niveau sommital des trois pays, validées par les différents États et par l'Union Communautaire.

Les piliers de l’Économie (acteurs économiques) et du Savoir (Sciences, Universités, Ecoles) sont en fait les deux éléments majeurs du vrai "Bloc Moteur" de cette construction. Non seulement il faut les situer au centre du Système mais encore faire en sorte de créer entre eux des connections qui seront en fait les vrais leviers et les stimulateurs de cet ensemble. Toute l'histoire de l'Industrie depuis son avènement repose sur la relation entre Entrepreneurs et Chercheurs d'une part et entre Entrepreneurs et Salariés d'autre part. Ce double mécanisme se réalise aujourd'hui dans les clusters transfrontaliers dont il faut saluer et renforcer l’existence. Les passerelles entre Économie et Savoir doivent concerner non seulement nos grandes entreprises, nos Universités et nos Grandes Écoles, mais toutes nos entreprises de la plus petite à la plus grande et toutes nos écoles de la plus petite à la plus grande. Former les esprits, à tous les niveaux au fait que notre futur se jouera désormais dans une configuration économique, sociale, écologique  tri nationale et bilingue.

"La facilitation de la nécessaire synergie entre les acteurs est la priorité n°1 par les temps qui courent" dit le Président de la Fondation Entente Franco-Allemande Jean Georges MANDON.

Du côté des activités de marché proprement dit, et, malgré la même monnaie pour la France et l'Allemagne, nous sommes encore loin de la "concurrence parfaite". Il reste bien des chicanes et des asymétries dans les domaines fiscaux, réglementaires et surtout sociaux (Droit du travail). Mais, si nous n'arrivons pas ici, sur 200 km de frontières communes avec l'Allemagne  à trouver les clés d'une harmonisation et d'une "fluidification" du Marché des Échanges  et du Marché de l'Emploi, l’Europe telle que nous la rêvons ne se fera jamais.

Parlant "Emploi", et pour éviter la perte potentielle de plus de 50 000 emplois frontaliers alsaciens dans les prochaines années, les expérimentations menées par la CCI Alsace sont encourageantes, avec le programme "Wirtschaft macht Schule". De même que les programmes "Mobil pro EU" et "Job for my Life" récemment repris par la Région Alsace (Accord Cadre de l'Apprentissage Transfrontalier). Toutes les actions de formation doivent s'inscrire dans cette nouvelle réalité économique et géographique  qui veut que, dans cette même région, il faut des salariés et acteurs économiques bilingues, susceptibles de proposer les services et les produits français à nos voisins Suisses et Allemands, lesquels font pareil dans l'autre sens. Les trois partenaires de cette aventure ont des forces et des faiblesses, mais pour prétendre se situer dans  la compétition européenne et mondiale des Régions Métropolitaines, chacun doit pouvoir s'appuyer sur le socle commun. Aucun ne peut rêver accéder tout seul à ce niveau de compétition. Les citoyens des Trois Rives savent bien que leur destin est lié. Bien sûr au niveau de l'environnement en général mais aussi au niveau de la compétitivité et surtout de la prospérité de l'ensemble.  Pour passer de la notion "d’Espace Commun" à celle de "Puissance Commune"  il est indispensable de les inclure dans l'aventure.

La Société Civile est aujourd'hui le maillon le plus faible du dispositif. Or, les citoyens représentent un catalyseur incontournable pour réussir cette délicate alchimie du" vivre et du réussir ensemble" malgré les différences. Et c'est parce qu'ils sont en définitive les vrais acteurs de la réussite qu'il faut leur en donner  vraiment conscience.

À cette fin je propose  que le pilier "Société Civile" réputé être le plus difficile à mobiliser soit en fait placé comme socle et non comme pilier du système. Au niveau des habitants et des visiteurs, la RMT doit être visible et identifiable. La RMT est une appellation trop administrative. "Upperrhein Rhein Valley", utilisée pour notre promotion internationale, "Vallée de Rhin Supérieur", en français ou  "Oberrheinthal" en allemand avec un pictogramme commun d'appartenance, pourrait parfaitement convenir. La Silicon Valley n'a pas dépensé, administrativement parlant, un centime pour construire son image mondiale. Ce sont les entreprises qui, de la plus petite à la plus grande, se sont identifiées toutes " Silicon Valley», depuis les grands noms de la technologie jusqu'aux maisons de retraites. Elles ont ainsi participé à la construction de son image et propulsé le nom de cette vallée, encore inconnue il y a encore 30 ans, vers les sommets de la notoriété mondiale. Le Rhin Supérieur transporte depuis les Romains et avant, en passant par Gutenberg et les Humanistes Rhénans, le savoir et la richesse intellectuelle et culturelle de l’Europe. Cette "Vallée du Savoir" a largement assez d'atouts pour revenir à la pointe de la notoriété européenne et mondiale. Ce serait, en juste retour d'une histoire souvent tragique, le plus beau cadeau que cette vallée, enfin européenne et pacifiée, peut faire aux générations futures. Ce serait aussi le plus bel exemple qu’elle peut donner aux peuples encore en guerre. Personne n’imagine les retombées positives et la prospérité que ce fantastique projet pourrait apporter s'il était poussé à son terme. "L'Or du Rhin" coule toujours sous nos pieds.

 

Alexis Lehmann

Membre de la Fondation Franco-Allemande

10/12/2012

Quelle solution face au chômage ?

En réaction à l’article intitulé « Allemagne : l’envers du décor » (DNA du 3/12), Alexis Lehmann, ancien chef d’entreprise et membre de la Fondation Entente Franco-Allemande, refuse de stigmatiser la politique de l’emploi outre-Rhin et plaide pour une évolution des mentalités en France.

«Ne faudrait-il pas courageusement adapter notre vieux Code du travail à la situation économique et sociale actuelle ? »

« L’Allemagne n’est pas un exemple à suivre », dit Günter Wallraff, parlant de la structure de l’emploi en Allemagne (DNA du 3 décembre). Fort bien, mais quelle est alors la bonne solution face au chômage ? Certes, ces emplois à court, ou très court terme, à salaire négocié, sans SMIC, ces emplois précaires, journaliers, parfois horaires nous révoltent, nous Français, si habitués à nos garanties légales.

Le coût estimé du chômage se situe entre 50 et 60 milliards d’euros par an en France. Certainement les contraintes humaines sont plus fortes, mais la France, pour l’instant paye cher son dogmatisme en la matière, et ne propose aucune solution d’envergure au problème du chômage de masse auquel elle est confrontée. Plus de trois millions de chômeurs, et 30 % de jeunes en situation de grande précarité. Insupportable.

Le fait de soumettre ces deux récentes mesures phares : les emplois d’avenir et les contrats de générations aux contraintes légales usuelles, prouve que nous sommes encore loin d’une évolution des mentalités.

Nous proposons cinq cent mille emplois d’avenir, sur cinq ans à des jeunes sans emplois. Payés au SMIC, ces emplois, essentiellement publics, seront financés en totalité par l’impôt. De même, les cinq cent mille contrats de générations également payés au SMIC et à durée indéterminée seront eux aussi fortement supportés par l’impôt. Nous aurions peut-être pu initialiser des emplois de ce type avec une rémunération et un temps de travail adaptés par exemple. Car ces mesures évidemment louables, compréhensibles dans l’idée, sont impossibles à tenir ! Quel pays peut supporter une telle charge sans contrepartie ?

Le coût estimé du chômage se situe aujourd’hui déjà entre 50 et 60 milliards d’euros par an en France. En effet, aux 28 milliards d’allocations chômage brutes, il faut rajouter une somme au moins équivalente en manque à gagner fait de charges sociales patronales et salariales non perçues, sans chiffrer une éventuelle perte fiscale.

Se rajoutent quelques milliards pour le traitement même de ce chômage, qu’il soit statique, (organismes spécifiques) ou dynamique (formation).

Pourrons-nous longtemps encore, entreprises et particuliers, supporter ainsi une aide sociale de cette ampleur sans revoir nos critères d’allocation ?

Rien qu’en Alsace nos 84000 chômeurs coûtent chaque année quelque 2,5 milliards d’euros à la collectivité… soit près de trois fois le budget total de la Région !

Les organismes syndicaux de salariés et de patrons devront débattre de cette question, mais il me semble peu acceptable, voire déplacé de stigmatiser les essais d’aménagement de nos voisins qui, en accord entre les « pourvoyeurs d’emplois », et les « preneurs d’emplois » comme ils disent, ont réussi à trouver des solutions pour répartir le poids du chômage sur l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. Bien sûr, tout actif en âge et en capacité de travailler veut avoir un emploi et un salaire à taux plein, mais il faut bien se rendre à l’évidence que pour l’instant les mesures de stimulation, soit part la demande, soit par l’offre ont été insuffisantes pour relancer l’activité économique en France.

Faut-il, dans ces conditions, s’obstiner à financer le « nonemploi », comme avant, sans revoir ni la variable « temps de travail » ni celle du « niveau » de salaire par les seuls outils des impôts et des taxes ?

C’est la plus facile et la plus mauvaise des solutions. Les charges fiscales obèrent les entreprises dans leur compétitivité, et donc menacent directement l’emploi salarié, d’autre part elles limitent les salariés dans leur pouvoir d’achat, ce qui se répercute inévitablement sur l’activité des entreprises. De plus, elles chassent et les investisseurs étrangers et les cerveaux. Un cercle vicieux que nous connaissons trop bien.

Ne faudrait-il pas plutôt, courageusement, comme nos voisins, comme, hélas, nos voisins, adapter  notre volumineux et vieux Code du travail à la situation économique et sociale actuelle et le replacer, sans rêverie, dans la réalité d’un univers concurrentiel européen et mondial comme la France n’en a jamais connu ?

Le temps « travaillé » et les « niveaux » de rémunération ne sont pas les seules variables d’ajustement, ni les seules clés du quasi plein emploi en Allemagne. Il y en a d’autres paramètres : la compétitivité hors coûts, l’excellence de leur production industrielle, leur positionnement moyen-haut de gamme, leurs talents d’exportateurs, etc.

Mais si, malgré tous ces atouts l’Allemagne devait respecter et notre salaire minimum et nos règles relatives au droit du travail, elle se retrouverait avec un taux de chômage singulièrement plus élevé, un taux d’imposition nettement plus lourd, une compétitivité industrielle handicapée, une balance commerciale déficitaire… !  

De quoi nous faire réfléchir… »