09.09.2011

Les cornes des Rhinos s’arrachent à prix d’or…..

RHINO-72-dpi.jpgUn long article consacré aux rhinocéros est paru dans un grand quotidien régional du 29 août. Ce qui arrive à ces pachydermes d’une autre ère est d’autant plus atroce que le « lien affectif avec ces animaux est énorme», comme le dit l’auteur de l’article.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à un autre RHINO qui, figuratif celui-là, voudrait exister en tant que logo  et  «mascotte» du Rhin Supérieur. Ce RHINO stylisé est le gagnant d’un grand concours organisé au niveau des Ecoles d’Arts Graphiques du Rhin Supérieur. Il a été retenu successivement par un jury artistique et un jury économique comme étant le meilleur «logo commun» possible pour identifier cette région de six millions d’habitants, allemands, français et suisses qui vivent ici sur les bords du Rhin.

Il a, lui aussi, beaucoup d’or dans sa corne, mais, cette fois, pour l’extraire, il ne s’agit pas de le tuer, mais de le faire vivre. Il recèle de plein de vertus stimulantes et répond à une forte demande des riverains pour que nous nous rapprochions plus et réalisions, ensemble, des choses qu’aucun des voisins du Rhin Supérieur ne peut faire seul (Sondage TNS-Sofres Avenir de l’Espace Rhénan 2006).

Tous les domaines fondamentaux : économie, emploi, recherche, éducation, écologie, logistique, tourisme et bien d’autres sont ici étroitement interconnectés. Cette région géographique, d’une grande richesse, RHINO la connaît bien. Il y a vécu ici il y a plusieurs milliers d’années du temps où les hommes ne pensaient pas encore aux frontières. Il porte les couleurs des pierres de nos cathédrales et de nos montagnes. Un crâne fossile de cet illustre ancêtre commun est toujours exposé au Musée d’Histoire Naturelle de Karlsruhe.

Faire revivre sa mémoire aujourd’hui, alors que les frontières ont à nouveau disparu, ferait faire à cet espace tri-national un saut qualitatif magistral dans le futur.

Les instances et organisations politiques poursuivent, dans l’ombre, leurs efforts de coopération. Les intentions et déclarations communes s’entassent de Congrès Tripartite en Congrès Tripartite sans que la population en soit consciente et impliquée. Tout ce travail passe bien au-dessus d’elle et n’entraîne pas l’engouement et la dynamique réalisatrice qu’un tel projet nécessiterait. Pour avoir l’appui des peuples, premiers concernés, dans ce type d’opération, il faut rendre le processus visible. 

Ils se sont exprimés, riverains allemands, français et suisses, ils savent ce qu’il faut faire : mettre le bilinguisme en objectif majeur, établir un plan de développement économique et social commun, utiliser à fond les synergies démographiques, rechercher plus de cohérence dans la logistique, les transports terrestres et aériens, l’écologie, le tourisme, l’université, la recherche etc…

Seulement voilà,  pour y arriver, il manque l’essentiel, à savoir un identifiant visible pour que cette prise de conscience d’unicité et d’intégration de tous dans un même espace soit compris au niveau des citoyens. Il est hors de question de faire de la publicité pour le Rhin Supérieur dans les pays lointains si les gens qui y habitent ne savent pas de quoi il s’agit.

La région est de fort potentiel, elle est capable de hisser les 6 millions d’habitants qui y vivent et qui y travaillent vers un nouvel horizon de plein emploi, à niveau et qualité de vie élevé.

La Région Métropolitaine Tri-Nationale Métropolitaine du Rhin Supérieur vient d’être officiellement crée en décembre 2010, c’est certes un nouveau pas en avant, mais on peut craindre que si le concept reste au niveau administratif et juridique, rien ne changera. D’où la stratégie proposée par RHINO.

Les organismes officiels rentrent sur le théâtre d’opération en portant les habits de leurs appartenances nationales. Le sigle de la Région Métropolitaine tri-nationale du Rhin Supérieur est en effet un rappel des drapeaux des trois pays… C’est presque contre-productif… Non, pas du tout, que l’on puisse faire l’impasse sur des identifiants fondamentaux tels que sa religion ou sa nationalité. Ces valeurs, identitaires doivent certes, rester immuables et sacrées, mais leur rappel en l’occurrence est parfaitement inapproprié quand il s’agit de créer un sentiment d’appartenance à une nouvelle communauté humaine de travail, de vie, de destin.

La Fondation Entente Franco-Allemande et son Président, le Ministre André Bord, portent ce projet depuis plusieurs années maintenant. La stratégie est considérée comme pertinente pour beaucoup, mais si le relais n’est pas pris par les autorités politiques et administratives on peut craindre que la RMTRS, n’arrive jamais à sortir de sa bulle administrative pour insuffler l’enthousiasme populaire nécessaire à une construction de cette ambition.

Créons ensemble, avec les peuples, au-delà des chicanes politiques et des asymétries administratives de toutes nature, une nouvelle région vraiment européenne, supra-nationale, extra-institutionnelle peut être, mais pleine de promesses, totalement citoyenne, totalement humaine. Le reste, je l’espère, un jour suivra.

En attendant faisons vivre le RHINO et l’or coulera sur les bords du Rhin.

 

Alexis Lehmann - 09.09.2011

Alexis Lehman est membre de la Fondation Entente Franco-Allemande et soutient 3Ufer/3Rives depuis ses débuts par des tribunes libres.

Bas les Marques !

 

Suite à l'article paru dans les DNA le 08 septembre 2011.

 

Les stratégies de communication des villes, des régions de France ou des régions Européennes sont évidemment diverses dans leurs objectifs comme dans leur univers concurrentiel. Il est très satisfaisant de voir les choses bouger dans ces domaines. Ce qu'il faut éviter c'est un combat politique interne, toxique et stérile, entre des collectivités liées par l'histoire, la géographie et surtout par le destin.

 

Strasbourg a un positionnement démocratique, il permet à notre Ville plus qu'à toute autre de se présenter comme "Capitale de l'Europe des Peuples".

 

Nous sortons ainsi d'un combat frontal avec Bruxelles, lieu de rencontre des "Parlementaires professionnels" de l'Europe, nantis des avantages logistiques et autres d'une Capitale d' État.

 

Il  nous permet  sur  la base d'une cible de plus de 500 millions d'Européens d'attirer ici des richesses économiques considérables issues du tourisme et de  la localisation de sièges sociaux d'entreprises tertiaires à vocation  et à sensibilité européenne.

 

L'Alsace, doit c'est vrai, se dégager de son image traditionnelle (choucroute, saucisses, bière, vins, cigognes, etc.), sans  pour autant fustiger son  industrie alimentaires ou négliger le pittoresque de ses villages. Ce sont des atouts forts. Bien sûr, nous en avons d'autres, plus techniques, plus technologiques comme c'est aujourd'hui le cas dans beaucoup d'autres régions.

 

Changer notre image prendra du temps et il ne faut pas, c'est vrai, se tromper de discours. Strasbourg aura toujours directement, ou indirectement, un rôle majeur à jouer  dans cette actualisation car il n'y a pas au monde de grande région sans grande ville. Elles sont dans la grande majorité des cas les forces motrices des attractivités territoriales.

 

Le Rhin Supérieur enfin est la seule base pertinente pour inscrire l'Alsace dans une Euro-Région puissante susceptible d'engager la compétition au niveau mondial. Dans cette troïka là il est essentiel que les trois chevaux soient puissants et qu'ils suivent une même feuille de route au moins dans les domaines et les investissements essentiels engageant notre futur à tous.

 

Trois marchés, trois institutions, trois objectifs, trois stratégies de communications. Mais une seule Région pour laquelle nous nous battons tous.

L'Alsace.

 

Travaillons ensemble !

 

 

Alexis Lehmann

16.05.2011

L’infatigable militant de l’Europe à Strasbourg

Alors que les offensives contre les sessions du Parlement européen à Strasbourg se multiplient, Alexis Lehmann, 72 ans, remonte une nouvelle fois au créneau pour exhorter les décideurs strasbourgeois à l’audace et à l’initiative. Propos d’un infatigable militant de la place centrale de Strasbourg au sein des institutions européennes…

 

« J’ai changé trois fois de métier dans ma carrière dans le seul but de rester en Alsace ». Cette fidélité est l’argument n°1 de ce mulhousien d’origine, marié à une colmarienne et qui respire Strasbourg par tous les pores d’une peau tannée par le combat inlassable mené depuis des décennies pour que la capitale alsacienne mérite vraiment son titre de capitale de l’Europe.

 

« J’ai eu depuis longtemps l’idée de ce lieu d’Europe qui manquait tant à Strasbourg. Je l’ai appelé l’Eurodôme mais ce n’était qu’un nom de code. Le contenu, lui, n’a jamais changé : je reste aujourd’hui, et plus que jamais, convaincu qu’il faut que Strasbourg joue à fond cette carte magnifique que l’histoire lui a procurée. Strasbourg, c’est l’Europe des peuples, pas celle des technocrates. Si nous nous bougeons enfin avec méthode et détermination, l’image de Strasbourg pourra alors essaimer dans tous les pays de l’Union. »

 

La volatilité politique

Alexis Lehmann se réjouit bien sûr des récentes avancées de la municipalité élue il y a trois ans. Le choix de Roland Ries s’est porté sur le Kaisersgut, à l’entrée de la Robertsau, pour un projet de lieu d’Europe dont la première tranche pourrait enfin voir le jour d’ici à trois ans. Elle prévoit un lieu d’accueil grand public qui, doté d’une scénographie adaptée, permettrait de recevoir un public qui, pour l’heure, notamment les week-end, tombe sur les grilles fermées du Parlement européen et des autres institutions.

 

Bien tard, pensent certains. Sur ce sujet, Alexis Lehmann n’y va pas par quatre chemins : « A Strasbourg, hormis Catherine Trautmann une fois, les maires successifs ne se sont jamais succédés à eux-même. C’est toujours la même histoire : elle tourne entre Stras et Bourg, le carrefour superbe que constitue notre ville et la cité, l’intra-muros. On s’occupe bien, voire même très bien de la ville et on finit par oublier le carrefour qu’elle représente. En ce qui concerne l’Europe, ce débat est capital, il ne doit plus être différé. A Strasbourg, l’Europe a ses palais pour les parlementaires et les institutions, mais ils vivent à part, fermés au grand public. L’Europe a ses palais mais pas de temple, cet endroit où des milliers d’européens pourraient se parler, mieux se connaître. »

 

Le plaidoyer pour l’Europe des peuples

« En tant que citoyen européen habitant Strasbourg, j’ai le droit de dire que l’Europe en déçoit beaucoup. On en est même arrivé à un paroxysme actuellement. Les chefs de gouvernements nous racontent des histoires ! Le traité de Lisbonne en 2005 parlait de plein emploi : où en sommes-nous ? Il parlait de lutter contre l’exclusion et la pauvreté : nous n’avons jamais été dans de telles difficultés ! On parlait aussi de l’Europe de la connaissance et de la justice, on promettait de restaurer une vraie conscience économique, on promettait l’essor du vieux continent avec, au passage, une harmonisation sociale : où en sommes-nous là encore ? Beaucoup d’européens ont envie de dire aux chefs de gouvernements et aux technocrates de tout poil : vous êtes des charlots !!

 

C’est l’Europe des peuples qui doit se bâtir à Strasbourg. Et ce lieu d’Europe en est la première pierre. Il permettra à Strasbourg de dire des choses car Strasbourg a une autre image que Bruxelles dans ce domaine : ici, c’est l’humanisme, l’histoire qui s’est écrite à cheval sur le Rhin, cette ex-frontière guerrière qui est devenue aujourd’hui le symbole de la réconciliation entre les peuples. L’Europe des peuples, c’est ici qu’elle doit être visible, Strasbourg en est le théâtre parfait ! »

 

De l’audace !

Si le choix du Kaisersgut pour édifier ce lieu d’Europe peut être considéré comme une notable avancée, Alexis Lehmann est cependant inquiet sur les possibilités existantes sur ce site : « J’ai rendu tout le monde attentif : on ne naît qu’une fois dans la vie, mais quand on est mal né, c’est pour la vie entière. Donc, il faut dès à présent instituer un concours d’architectes qui nous donnera une vision globale du projet final, même s’il faudra attendre le prochain mandat municipal pour le voir sortir de terre. »

 

Néanmoins, l’historique militant européen reste optimiste et exhorte même à l’audace et à l’offensive : « Strasbourg ne doit pas se tromper de champ de bataille. En ce qui concerne l’aéroport, les hôtels, les restaurants d’une grande capitale européenne, on est perdant à tous les coups sur ce terrain de la logistique. Mais Strasbourg est un lieu mythique et emblématique et là, on entre dans un autre cas de figure. A ce que je sache, La Mecque ou Lourdes ne se sont pas bâties près d’Heathrow ! La cible, ce sont ces 450 millions d’européens dont beaucoup sont nés citoyens d’Europe sans même savoir ce que ça voulait dire. Alors, si Strasbourg parvient à s’imposer comme la capitale de l’Europe des peuples, si nous savons leur parler directement –et ça passe bien sûr par ce lieu d’Europe pour que nous puissions tous nous rencontrer-, le maire de Strasbourg pourra leur dire : « Si vous voulez sentir ce qu’est vraiment l’Europe, c’est à Strasbourg que cela se passe. Venez chez nous : à pied, en avion, en vélo, en train, en trottinette mais venez-y ! »

 

C’est le moment, il faut foncer et être ambitieux, on n’a que trop tardé. On trouvera les moyens, notamment financiers, pour réaliser tout ça : après tout, qui a jamais parlé d’amortissement pour la Tour Eiffel ou la cathédrale de Strasbourg ? Je reste persuadé que notre ville peut restaurer la vraie symbolique européenne, celle qui est basée sur des valeurs humaines, pas celle des technocrates pétrifiés dans leurs bureaux à Bruxelles ! C’est le moment, il faut foncer maintenant ! ».

14.04.2011

Le Parlement à Strasbourg et Fort Alamo. Une certaine ressemblance ?

Strasbourg mène depuis des décennies une guerre du type  «Fort Alamo», totalement défensive, infiniment risquée. A terme la défaite parait certaine. C’est juste une question de temps. Nous sommes pris dans un combat politico-parlementaire aux motivations réelles de fond, bien éloignées de l’intérêt des citoyens européens. Nous subissons régulièrement des assauts portés par des parlementaires eux-mêmes qui pilonnent sans relâche nos «faiblesses» : celle de l’accessibilité et des avantages de tous ordres d’une capitale d’Etat et celle du «rempart conventionnel» du Traité.

Sur le premier point la cause est entendu. Nous ne serons jamais une capitale d’état avec sa logistique, son confort, et ses joyeusetés. Sur le second, celui du Traité, il est clairement de plus en plus ébréché, creusé et ce taraudage se poursuivra jusqu’au jour où nos grands défenseurs  Catherine Trautmann, Joseph Daul, Bernd Posselt et d’autres se retireront.

Strasbourg, maintenant, revendique, et c’est tactiquement bien joué, un rapatriement complet du Parlement sur ses terres… Mais pour être suivi dans cette audacieuse contre proposition inverse, il faut que notre ville appuie sa demande non seulement sur sa légitimité historique et sur le traité, mais sur un puissant soutien démocratique des citoyens de l’Union.

Fort Alamo pour y revenir, ne serait jamais tombé si les occupants avaient été aidés par des alliés extérieurs. Or, nous oublions totalement les 500 millions de citoyens européens dans cette guerre-guerre budgétaire faussement vertueuse. Il faut les intégrer dans l’ enjeu.

Espérons que la campagne «Strasbourg The Europtimist» sera l’amorce de cette ouverture et que la foi en l’avenir et en l’optimisme européen soit ici matérialisée, visible, au sein de l’Eurodistrict. Ce sera en fait la bataille des électeurs contre les élus ; celle des valeurs universelles, visibles et durables, contre le gratifiant confort de l’isolement technocratique.

Election après élection, à quelque niveau que ce soit, nous assistons à la séparation de plus en plus évidente de la vie politique et administrative avec la vie réelle citoyens. D’événement en événement, que ce soit en Irlande, au Portugal, en Grèce, etc mais aussi en Egypte, en Tunisie, en Libye… nous assistons à des fractures totales entre gouvernants et gouvernés.

La concentration du législatif et de l’exécutif européen dans une seule ville européenne, Bruxelles, sera en quelque sorte l’illustration suprême de ce divorce rendant la «chose politique»  complètement stratosphérique par rapport à la «chose publique» et cette fois, hélas, aux yeux  et aux dépens de 500 millions d’européens.

      Je me bats avec d’autres depuis des années pour cette idée. Nous avons, j’en reste persuadé, encore, les moyens de gagner cette bataille. Mais là, le temps presse. Vraiment.

25.10.2010

Le 1er Forum Citoyen trinational à Strasbourg

 

Même si les «institutionnels» étaient plus nombreux que les «citoyens» samedi dernier, le fait d’avoir organisé à l’Hôtel de la Région une rencontre sur ce sujet déterminant pour l’avenir de l’Alsace me paraît un point positif à mettre à l’actif du Président Philippe Richert. Intéressant aussi le fait que cette thématique soit reprise dans les prochains mois en Allemagne (Karlsruhe) et en Suisse du Nord (Bâle). Ecouter parler le résident, le riverain, est un exercice indispensable et salutaire.

Certes, les organisateurs ne font en général qu’apprendre ce qu’ils connaissent déjà fort bien. Souvent cependant des idées nouvelles peuvent jaillir, et des pistes de réalisation se dessiner.

Nous avons entendu samedi, à l’Hôtel de la Région, un peu toutes les doléances et suggestions relatives à la création d’une «Région Transfrontalière trinationale du Rhin Supérieur». Rappelons que celle-ci est appelée de leurs vœux depuis des décennies par les responsables politiques de cet espace, et que bien des programmes ont été esquissés à cette fin.

L’objectif manque cependant de lisibilité et de visibilité au niveau des habitants. Je me permets de rappeler que La Fondation Entente Franco Allemande (FEFA) a demandé en 2007 à la «Sofres / TNS» de faire un sondage grand public sur les attentes et les besoins des  6 millions d’habitants qui vivent ici entre Karlsruhe et Bâle, des deux côtés du Rhin. Quels ont été les résultats ?

D’abord un plébiscite de la part des populations pour maintenir et développer le concept de REGION METROPOLITAINE DU RHIN SUPERIEUR. Il faut souligner cette forte identité de vue entre les habitants et les instances dirigeantes des trois pays. Ce consensus, tout à fait exceptionnel, issu de toutes les classes d’âge, devrait nous donner des ailes.

Ensuite pour y arriver, on note dans l’ordre : la promotion du bilinguisme, la mise sur pied d’un plan de Développement Economique Commun, et l’amélioration des liaisons routières et ferroviaires.

Pour réaliser ces objectifs, la population fait confiance : aux systèmes scolaires et universitaires, à la population elle-même, un peu aux entreprises, peu aux politiques locaux, pas du tout aux politiques nationaux.

Ce sondage est à la disposition des lecteurs sur les sites respectifs du RHINO et de la FEFA.

J’ai apprécié les propos du Professor Doktor Heuberger, Président du pilier «Société Civile» qui s’est exprimé samedi. Il réalise que son influence est limitée face aux autres «Piliers» des trois grands secteurs. Je suis persuadé qu’un jour ou l’autre, on comprendra que la société civile ne peut pas être un «pilier» parmi les trois autres : Politique, Economique, Sciences et Recherche. En effet, celle-ci est par définition, peu structurée et très diverse. Le peuple, en fait, est présent dans les trois aspects, électoraux, économiques, et scientifiques. Il est le SOCLE, et non un des piliers, sur lequel tout repose et sans l’appui duquel rien n’est réalisable.

La stratégie du RHINO proposée et développée depuis maintenant plusieurs années par la Fondation Entente Franco-Allemande est une piste, pour l’instant la seule à ma connaissance, qui permette effectivement de faire comprendre aux 6 millions d’habitants du Rhin Supérieur  vers quoi nous voulons aller. En faisant prendre à tous, conscience, au quotidien, de cette nouvelle et déterminante ambition, le travail «politique» pourra mieux se révéler. Cette ambition trinationale nécessite un processus d’entraînement, de bas en haut, qui permette à chacune et chacun de participer à son niveau à cette construction politique et citoyenne de proximité.

Commençons par faire émerger ensemble, dirigeants et citoyens, sur le terrain, cette idée de nouvelle configuration territoriale trinationale. Donnons au public un signe de ralliement fort, un nouvel identifiant, utilisons une même marque en tant que «liant» de l’ensemble des efforts de quelque niveau et de quelque nature qu’ils soient.

La RMRS doit devenir visible, naître de la rue et dans la rue, toucher chacun d’entre nous. Ainsi, elle permettra de dépasser les murs, encore présents, des frontières historiques, mentales, linguistiques, administratives, pré-européennes. Les décisions politiques à trois sont certes difficiles à prendre, commençons par prendre celles qui sont permises, possibles, applicables, dynamisantes.

Inscrire ainsi nos belles régions historiques riveraines du Rhin dans un nouvel ensemble trinational se révèle être un impératif de développement majeur. Aucune des trois régions ne peut prétendre s’en tirer toute seule dans un domaine fondamental ; écologie, logistique, ou économique. La conscience d’une solidarité de destin, d’un sentiment d’appartenance à un même territoire stimulerait les acteurs, à tous les niveaux. Elle inscrirait cet ensemble géographique dans une dynamique propulsive dont personne aujourd’hui ne peut imaginer les effets bénéfiques, tant cette région est riche de potentiel.

L’allégorie du tailleur de pierre de Klaus Wenger, Président d’ARTE, était bien venue  quant il sublimait le travail quotidien. Je voudrai la reprendre à mon compte sous un autre aspect. «Quant on met une pierre sur une pierre, on a un tas de pierres, si on rajoute un architecte, on a une cathédrale».

 

Alexis Lehmann -22.10.10

29.06.2010

AG SPE 2010

Dominique Formhals à l'Assemblée générale de SPE

 

Cela fait des années que les membres de l’association SPE (Strasbourg pour l'Europe) cogitent pour trouver, après le concept "Strasbourg Capitale de Noël "une nouvelle idée phare susceptible de répondre à leur objectif essentiel : renforcer l'attractivité économique et touristique de Strasbourg.

Mais, devenir un lieu de tourisme de masse quand on n'a pas les arguments fondamentaux du genre, à savoir : mer, soleil ou haute montagne, n'est pas chose aisée. Cela suppose un travail marketing de longue haleine, une construction, avec le choix d'un positionnement précis et invariable.

Christophe Kieffer, le Président de SPE, avoue d'ailleurs, dans son rapport d'activité annuel, qu'il a parfois l'impression de "faire du sur place dans la quête de ce graal".

Pourtant, la venue de Dominique Formhals, (Président-Fondateur d'Aquatique Show), à l'Assemblée Générale SPE samedi matin au Grand Hôtel à Strasbourg, a ré-enflammé la foi des membres en leur mission.

Il a parlé sans notes mais aussi sans langue de bois. Il a évoqué le Pavillon d'Alsace à Shanghai, "projet méritoire mais sans contenu". Il a déploré notamment que l'Europe n'apparaisse nulle part dans l'évocation de Strasbourg. D'ailleurs, seule la Belgique a parlé de l'Europe dans sa présentation…

Là où sa prestation a été particulièrement étonnante, c'est quand il a expliqué qu'Aquatique Show ne peut, en tant que tel, organiser un "événement" susceptible d'attirer du monde à des centaines de kilomètres à la ronde. Il lui faut un support, un thème, un socle, une "légitimité," a-t-il dit à plusieurs reprises.

Pour lui, la seule légitimité de Strasbourg, c'est "l'Europe". C'est le "fil conducteur" qu'il faut retrouver dans tous les événements de la ville. Encore faut-il bien jouer cette carte et révéler les nombreux atouts européens aux yeux des habitants et des touristes. Pour l'instant, "je ne vois pas l'Europe vivre à Strasbourg", dit-il.

Pourtant, depuis des années, SPE s'évertue à porter ce message.

L'association insiste sur le fait que toutes les grandes manifestations, qu'elles soient culturelles, gastronomiques, musicales ou autres s'inscrivent dans cette thématique Européenne. La ville aussi doit s'européaniser. Roland Ries a d'ailleurs, à ce même endroit lors de l'AG 2009, pris un engagement solennel dans ce sens et décidé de créer un Lieu d'Europe ouvert au grand public.

Des propositions de mise en scène collatérale et de visualisation de l’Europe à Strasbourg ont été faites depuis longtemps déjà :

- décorer les wagons du tram aux couleurs des pays de l'Union,

- donner à chaque arrêt une courte explication sur un des pays européens (superficie, population, revenu par habitant, nom de la capitale etc…)

- faire une manifestation symbolique le jour de la fête nationale des différents pays de l'Union, par exemple hisser leurs couleurs lors d'une cérémonie publique.

Ce sont là des investissements de faible envergure mais qui rendraient l'Europe visible à Strasbourg et qui témoigneraient de notre volonté de donner de Strasbourg l'image d'une capitale jeune, attractive, ouverte sur l'avenir et fière des valeurs ancestrales d'humanisme et de tolérance qu'elle porte.

La Belgique est elle seule légitime et crédible à porter les valeurs européennes dans son pavillon de Shanghai ? Ce sont avant tout des valeurs d'ouverture, d'acceptation des différences linguistiques, économiques, démographiques…

Strasbourg doit élever sa voix pour redire aux 800 Millions d'Européens que les forces centrifuges de retour sur soi et les nationalismes sont toujours l'humus des tensions et des conflits.

Strasbourg, ville des routes, avec son Parlement et ses Institutions, avec l'Eurodistrict est au centre de la dynamique des convergences européennes.

« La Jeunesse Européenne porte en elle l'avenir du monde » dit Jérémie Rifkin. C'est ici, à Strasbourg qu'elle doit se rencontrer et trouver les arguments pour poursuivre cette marche en avant vers la paix et la prospérité. Alors pourra se réaliser l’idée de Jean Jacques GSELL de voir un spectacle d’Aquatique Show dans le bassin devant le Parlement. Il aurait pour thème le rêve d’une Union Européenne qui poursuit sa route dans un monde irréversiblement global et varié.

 

Alexis Lehmann . 29/06/10

08.03.2010

Clusters dans le Rhin Supérieur

C'est évidemment une bonne idée de relier les clusters et d'essayer à travers eux de créer un vivier d'initiatives de pointe. Mais un tel maillage risque de passer bien au dessus de la tête de l'homme de la rue. Ce qu'il faut pour que le Rhin Supérieur devienne vraiment une terre d'innovation, et soit reconnu comme tel , c'est créer un TERREAU FAVORABLE  aux éclosions en tous genre, dans tous les domaines. Or ce terreau, cet humus passe par une conscience citoyenne d'appartenance à un seul et même espace. Le concept de Rhin Supérieur doit devenir visible.

Il faut que l'ensemble des acteurs économiques, et le citoyen en est un, majeur, comprenne qu'il est sollicité là où il vit et là où il travaille pour participer à cette grande aventure . Il sait d'ailleurs très bien que son avenir se joue dans la réussite où l'échec de ce nouvel espace tri- national qu'est le Rhin Supérieur. Il est extra institutionnel peut être, supra national certainement, mais terriblement réel et pertinent. Enfin, et surtout, c'est le creuset d'une Europe qui pourrait trouver ici les ingrédients de cette souveraineté plus intégrée, garante de sa survie.

C'est le message que je voudrais faire passer avec la stratégie du RHINO.



Alexis Lehmann

LA FRANCE COUPÉE EN DEUX

René UHRICH avait, en 1984, déjà dénoncé ce phénomène dans un livre appelé « La France Inverse ». Nous avions plus de 25 ans pour en tenir compte et essayer de lutter contre ces forces qui semblent indomptables. Las, il apparaît, dans les DNA du vendredi 5 février, dans un article illustré d'Antoine Latham, que le mal est loin d'être traité. Les trois cartes de la France démographique et de l’emploi publiées ce jour là, reposent, un quart de siècle après, les mêmes questions de fond.

A problème systémique, réponse systémique. Si nous ne nous attaquons pas aux racines de cet état de fait, le tableau sera pire demain. Nos "basiques" n'ont évidemment pas changé.

L’Alsace est toujours à l'est d'une France qui se délite de plus en plus vers là où « il y a le ciel, le soleil, et la mer », et toujours à l'est d'une France qui perd ses industries manufacturières dont notre région est particulièrement pourvue. Les problèmes d'accessibilité ont certes un peu évolué, mais n'ont rien changé quant au fond. Le canal Rhin –Rhône est oublié et nos aéroports, en concurrence, peinent à rester dans la course. Le TGV, certes, après plus de quarante ans, a remplacé le train classique. Mais déjà la SNCF a donné quelques signes de recherche de productivité sur les lignes transverses. N'en doutons pas, ces idées reviendront.

Je connais bien l'Alsace, j'y suis né. J'y ai travaillé dans des entreprises de production, de distribution et de services. Nous avons toujours de solides atouts, mais nous ne pourrons les valoriser que si nous changeons notre niveau de vision pour le futur. Un niveau de vision qui se rapproche d'ailleurs des simples logiques d'opinions. Car, bien sûr il y a la crise, conjoncturelle, financière, monétaire, sociale, mais ce n'est pas un argument pour attendre de traiter nos problèmes structurels. C'est bien le contraire. C’est maintenant qu'il faut insérer l’Alsace dans un modèle européen et tri-national de croissance économique et sociale.

Revenons à nos deux basiques :

- la localisation dans l'est de la France

- le caractère industriel et manufacturier de notre industrie.

Si nous voulons bien quitter nos lunettes franco –françaises, nous nous rendons vite compte, en regardant une carte, que l'Alsace n'est pas un cul de sac pré sibérien mais qu’elle est adossée à une des provinces les plus riches d'Allemagne et aux cantons les plus riches de la Suisse. Il faut donc reconsidérer notre devenir sous l'angle de notre appartenance à la Région Métropolitaine du Rhin Supérieur.

Les frontières sont abolies avec l’Allemagne, la Suisse a rejoint Schengen, nous avons une monnaie commune dans deux pays et acceptée dans le troisième, rien n'est plus comme avant. Il faut donc aller plus loin, voir plus loin et considérer que rien de "macro", que rien d'important, ne peut plus être réalisé de manière unilatérale : qu'il s'agisse d'économie, de recherche, d'université, de logistique, (route, fer, eau, et air), d'emploi, de formation, à fortiori d'écologie et de développement durable et soutenable. Toutes ces questions nécessitent une approche politico-économique commune. La Région du Rhin Supérieur, au cœur de l’Europe, doit se lancer dans des projets communs qui sont de nature à réagir contre cette idée stupide "d'excentration". Certes, nous sommes excentrés par rapport à Berlin, Bern et Paris et, sous cet angle administratif, les trois régions rhénanes mènent quelque part le même combat. Par contre, nous ne sommes certainement pas excentrés par rapport à nos marchés et à nos opportunités de développement.

Créer la Région Métropolitaine du Rhin Supérieur est une idée issue des autorités politiques locales de la Conférence du Rhin Supérieur, mais, curieusement, les freins et les pesanteurs pour la réaliser dans les faits semblent provenir également de ces milieux, aux niveaux nationaux cette fois.

Or une reconsidération de ce nouveau territoire, de ce nouveau terreau étendu d'initiatives et d'ambitions, sera de nature à assurer ici l'emploi des générations actuelles et futures et à stimuler les initiatives dans tous les domaines.

Les populations, elles, ont compris depuis longtemps que le salut de ces provinces rhénanes, allemandes, suisses et françaises, était dans un renforcement des synergies et des complémentarités dans les domaines majeurs. (Sondage TNS –Sofres de la FEFA).

Mais aucune nouvelle Région ne peut exister sans la prise de conscience de sa réalité et de ses ambitions par les habitants qui y vivent. La Fondation Entente Franco Allemande et l'Institut Franco-Allemand de Ludwigsburg ont fait des propositions dans ce sens avec la "Stratégie du RHINO".

C’est une stratégie d’identification pour une région de 22 000 km², de six millions d’habitants, de 180 Milliards d'euros de PIB, totalement pertinente au niveau de la compétition mondiale.

Il ne s'agît pas de faire de l' autonomisme ou du scissionnisme, il n'est pas question d'abandonner les identités nationales, mais de profiter à plein des avancées de l' Europe et des avantages que nous pouvons en tirer en matière de coopération de proximité.

Ainsi l'Alsace, loin d'être le parent pauvre de l’hexagone dont le centre de gravité se déplace de plus en plus, ferait en fait partie intégrante d’une nouvelle configuration de régions européennes où elle serait, de facto, génialement placée pour son futur.

En ce qui concerne maintenant le caractère industriel manufacturier de notre économie, il ne faut pas s'attendre à un retour au passé et s'orienter vers une industrie à valeur ajoutée beaucoup plus forte ainsi que vers les services.

Nous avons des atouts dans ces domaines, même si toutes les régions d'Europe se tournent vers des objectifs similaires. Notre université regroupée est prometteuse, nos ambitions dans les sciences du savoir, dans les bio-sciences, dans le génie génétique et dans la chirurgie de pointe sont des points forts.

Pourtant je pense que deux de nos grands gisements d'avenir et d'emploi sont le tourisme et l’artisanat. Le tourisme d'hier qui fait que l'Alsace soit connue dans le monde entier pour la beauté de ses petits villages pittoresques, de ses marchés de Noël… Mais aussi le tourisme de demain, étendu à l'ensemble du Rhin Supérieur qui recèle d'autres splendeurs et des valeurs universelles. Parmi celles-ci, l’Europe et ses valeurs d'humanité.

À l'heure où l'Europe est menacée, affaiblie, attaquée sur ses bases, monétaires, éthiques et sociales, il faut que Strasbourg insuffle une fois encore aux peuples européens la volonté de poursuivre cette remarquable construction politique et démocratique. Mais, pour ce faire, il faut rendre ces concepts visibles et accessibles au grand public.

L'Europe a ses "Palais", à Bruxelles, à Luxembourg et à Strasbourg. Palais strictement réservés aux princes politiques de l'Union. Mais l’Europe n'a nulle part de "Temple" où ceux des 500 millions de citoyens de l’Union, qui ont foi dans le projet européen, puissent se rencontrer, se ressourcer, reprendre les fondamentaux et peser sur les élus.

Que Strasbourg se lance enfin, sur socle de l'Eurodistrict, dans cette voie, et nous verrons se développer autour des activités purement touristiques et artisanales, tout un large secteur d'activités et de sciences connexes, de maillages et de synergies autour des thématiques européennes.

A ce moment là, nous pourrons reprendre aussi les questions d'accessibilité. Le jour où nous aurons des visiteurs, nous aurons aussi les avions et les trains… Le contraire est faux. Si nous entreprenons, sous la perspective de ces deux chantiers industriels majeurs : Rhin Supérieur et Attractivité Européenne, nous présenterons dans dix ans une toute autre carte d'Alsace à nos compatriotes.

 

 

Alexis Lehmann

 

27.10.2009

Vers la nouvelle Région tri-nationale du RHIN SUPÉRIEUR

Ce sont les Autorités Politiques des trois pays qui bordent ici le Rhin qui ont eu l'idée il y a plusieurs années déjà, de créer la" Région Métropolitaine du Rhin Supérieur ". Celle-ci englobe le Sud du Palatinat, le Bade Württemberg, le Nord de la Suisse et l'Alsace.

Suite aux Accords de BONN en 1975 , cet engagement pris de longue date  a fait l'objet d'une déclaration commune lors du 11ème congrès tri-partite (Dreiländer Congress) du Rhin Supérieur en janvier 2008.

C'est une excellente idée, bien dans le prolongement d'une coopération existante depuis fort longtemps déjà. . En effet, cette Euro-Région, désormais sans frontières, a bien des atouts. Avec 6 millions d'habitants, c'est l'une des plus peuplées,une des plus grandes (22000 Km2) et une des plus riches avec 175 milliards d'euros de PIB. C'est aussi, une des plus prometteuses. L'Espace Rhénan a toujours été une terre d'innovations et les sciences de demain, les sciences du savoir, sont très présentes ici. Elle est belle et il y fait bon vivre.

Le problème est que cette région est peu connue, et dans le monde, et au niveau des personnes qui y vivent  Le gap de notoriété est considérable. L'appellation : " Région Métropolitaine du Rhin Supérieur " n'est déjà pas évidente à véhiculer et difficile à comprendre du fait que en dehors notre métropole fortement symbolique " Strasbourg/Ortenau." nous n'avons pas de grande métropole.

Pour que cette région existe et soit connue on ne peut se contenter d'une appellation, d'une création "par le haut " où d'une "Déclaration Commune ". Ce concept de RHIN SUPERIEUR doit "claquer" aux yeux du monde et donner fierté à ceux qui y 'habitent . Ces derniers doivent dans leur quotidienneté pouvoir prendre conscience de ce qu'ils vivent dans un même territoire, et que leur avenir est lié. Certes, il est bilingue, mais il y a bien des pays au monde qui sont bi, tri, ou même quadri lingues comme nos amis suisses . Cela ne les empêchent pas de partager une même appartenance forte. Bien sûr pour trouver du travail,et accéder à toutes ses richesses ,il vaut mieux connaître un peu la langue du voisin, ne fusse d'ailleurs que par praticité et par politesse entre habitants d'une même région.

Mais pour se rendre visible, il faut se faire connaître, ,reconnaître, se montrer, se démarquer avec une identité spécifique.


Il existe bien des logos dans nos très nombreuses institutions transfrontalières, mais ils identifient les institutions en question, jamais, ni l'espace Rhénan ni les habitants qui vivent. En général, d'ailleurs ils reprennent les trois couleurs nationales, ce qui est certes exact mais de nature à re-figer les esprits dans le vieux temps où les frontières existaient encore. .Il ne s'agît pas bien sûr de gommer les citoyennetés nationales mais de les dépasser , ici, localement , de les transcender dans une volonté commune d'union des forces . L'esprit des Pères de l' Europe c'était bien cela, non ?

C'est ainsi que la Fondation d'Entente Franco Allemande et le Deutsch Französisches Institut de Ludwigsburg se sont adressés aux écoles de Design et d'Arts Graphiques de Bâle, Karlsruhe et Mulhouse et leur ont proposé d'illustrer sur la base d'un concours graphique , le concept suivant :" 3 PAYS, 1 FLEUVE, 1 AMBITION."

Nous avons recueilli 13 projets. Celui du Rhino a été retenu en numéro 1 autant par le jury artistique tri-national , que par le jury économico-politique.

Le RHINO est un identifiant fort, très mémorisable. Sa prononciation est facile et adaptée à toutes les langues. .C'est un animal puissant qui exprime bien la force potentielle trop ignorée de cette région. Il porte les couleurs de nos montagnes, celles du grès de nos cathédrales . Enfin c'est un ancêtre animalier qui nous est commun, car il vivait dans cette large plaine du Rhin il y quelques centaines de milliers d'années.

Le RHINO est une marque "ombrelle", une marque "corporate" comme on dit dans le jargon des affaires qui identifie l' espace et ses habitants. Ce n'est pas un logo politique ou administratif. Il a été crée par des jeunes citoyens rhénans. C'est une mascotte susceptible de couvrir tous les types d'activités : sportives, industrielles, touristiques, culturelles, ludiques, écologiques, etc.

Bien sûr, nous avons vérifié par sondage sa pertinence et son acceptabilité aux yeux du grand public. Il passe bien, sans problème auprès de la majorité des interviewés quelque -soit leur âge ou leur sexe. Ils ont bien compris que de tous temps , pour ce qui concerne les mascottes et les peluches nos enfants ont appris à prendre distance par rapport à la réalité. Ils jouent volontiers avec les animaux les plus féroces: éléphants, tigres,ours ou autres lions . Alors pourquoi pas avec un RHINO ?

Le travail qu'il nous faut faire maintenant c'est le faire connaître afin qu'il soit attribué à la REGION METROPOLITAINE du RHIN SUP. Pour cela il faut qu'il apparaisse le plus souvent possible dans la vie de tous les jours.




Le groupe de travail "Rhin-2020" de la Fondation d'Entente Franco-Allemande a l'ambition de promouvoir cette marque avec l'aide de toutes les forces vives de la région, et de l'installer dans et hors de nos frontières. Car là aussi, dans le domaine de la notoriété internationale, le RHINO peut faire un grand travail grâce à son originalité et son puissant pouvoir de mémorisation.

Tout le monde peut participer.

www.rhino-rhinsup.eu rhino@fefa.fr

23.10.2009

Mobilisation pour l'emploi



Avec 75 000 chômeurs en juin 2009, il y a certes une dégradation soudaine de l’emploi du fait de la crise financière, mais les prémices du problème alsacien étaient perceptibles bien avant.

L'Alsace, sur-industrialisée dans le domaine manufacturier et sous développée dans les services, est une donnée de longue date qui laissait prévoir ce qui aujourd'hui nous frappe de plein fouet.

Nous avons pour nous en sortir deux axes essentiels à suivre et qui sont dans nos possibilités.

Le premier, à moyen-long terme, est celui de nos compétences scientifiques, notamment dans le domaine du génie génétique, de la biotechnologie et plus globalement dans celui des sciences du savoir. Secteurs qui nécessitent cependant des personnels de haute qualification.

Le deuxième, à court terme et encore fortement sous exploité, est celui du tourisme. Nous avons, dans ce domaine, les moyens de doubler le pourcentage qu’il représente aujourd'hui dans le PIB de la région. La France est la première destination touristique du monde et l'Alsace est loin d'y avoir sa part. Elle ne représente que 3% des nuitées. C'est une activité de qualification rapidement accessible, très pourvoyeuse d'emplois, évidemment non délocalisable par définition.

Contrairement à la haute technologie, un investissement dans ce secteur est à réactivité rapide dans le temps, presque immédiat.

Un touriste est une personne qui vient de loin, qui mange et dort au moins une nuit sur place, qui visite, qui achète. En un mot qui apporte de la richesse et qui nécessite des services.

La personne ainsi définie vient donc essentiellement de loin. Pour cela, il lui faut des raisons spécifiques fortes. Strasbourg Capitale de Noël joue en partie dans cette catégorie.

L'actuelle municipalité a décidé d'investir sérieusement, sur socle de l' Eurodistrict, dans ce gisement spécifique qui fait partie de notre ADN, à savoir l'Europe.

C'est ici, à Strasbourg, que les 500 millions d'européens doivent pouvoir venir et comprendre la vraie mission de l'Union Européenne. Elle consiste à hisser l’Europe dans le futur planétaire, entre les continents titans, qu'ils soient de l'est ou de l'ouest. C'est ainsi que les européens pourront conserver et développer leurs emplois.

Ce type de tourisme informatif, parmi d'autres, va bien aux régions qui n’ont ni mers, ni montagnes : il est de plus en plus prisé.

Nous sommes assis sur une mine d'or et le pittoresque de nos villages, la beauté de nos villes, seront des "bonus" de rêve pour les visiteurs. La proximité de l'Allemagne et de la Suisse aussi. Mais il faut une raison essentielle de venir. Nous l'avons. Cultivons-la.