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22/11/2012

«Les Trente Européennes», un rêve oublié ?

Les informations sont de plus en plus inquiétantes dans les médias : «Strasbourg risque de perdre son Parlement» ou, plus affirmatif, Olivier Mirguet pour Challenges, n’hésite pas à prophétiser hâtivement : «Strasbourg va perdre bientôt son Parlement». Il a peut-être des informations très personnelles ? Cueillies à Strasbourg ou à Bruxelles ? Qui ?

Ainsi les «anti-Strasbourg» auraient gagné ? Sont-ils conscients de ce que signifierait cette amère victoire pour les peuples d’Europe ? Se fondre dans l’anonymat complexe de l’univers administratif de Bruxelles et souligner ainsi avec force qu’il y a bien deux mondes : celui des Politiques et celui des Peuples. Ils seraient définitivement clivés.

Il est vrai que, pour la majorité des parlementaires, l’atmosphère de Strasbourg devenait pesante, lourde, beaucoup trop responsabilisante, encore que la question posée fût celle du siège unique… mais on sait bien que on pense Bruxelles ou plutôt Brussel.

Il règne en effet dans cette ville de Strasbourg et jusque dans l’hémicycle du parlement une atmosphère particulière. Un curieux mélange de souvenir amer de conflits et d’affrontements en même temps qu’un puissant appel à aller de l’avant, un espoir. Une envie de fraternisation, d’ouverture aux peuples, aux cultures, aux différences, une envie de renouveau et d’espérance dans une Europe plus forte, plus humaine, plus juste. C’est l’âme même de ces régions frontalières qui ont tant souffert.

A travers la ville et son Parlement emblématique, à l’architecture si curieusement belle et inachevée, un demi milliard d’hommes rêvent peut-être encore d’un Nouveau Monde Européen. Après les «Trente Glorieuses» puis les «Trente Piteuses», on espérait les «Trente Européennes», celles qui devaient conduire nos vieux pays vers une union politique, économique, élaborée sur la base de nos valeurs humanistes et ainsi les rajeunir aux yeux du monde. Un espace respecté par le monde entier et qui, incontournable, compterait beaucoup plus brillamment, pour le président Obama nouvellement réélu et pour les Américains qui ne pourraient l’ignorer comme ce fut le cas dans la campagne électorale. Ne dit-on pas  parfois dans les milieux diplomatiques : «L’Europe, le plus mauvais ami des Etats-Unis mais le seul». Alors ?

Les Etats Unis d’Europe. Cette Europe, c’est dans le «top five» des grandes «nations mondiales», les grands espaces culturels ou civilisationnels, que l’espérait le «fou d’Europe», le grand journaliste Daniel Riot !

Or, non seulement le but est loin d’être atteint, mais après 60 ans de laborieuse gestation, nous voyons revenir des envies de repli sur soi, pays par pays et parfois, à l’intérieur des pays, comme par exemple en Belgique, province contre province…violemment. Des choses que nous n’avions plus vues depuis longtemps. Un spectre de balkanisation qui fait peur.

En fait, les parlementaires, représentants des Peuples, n’ont jamais pu ou su imposer à leur pays, le concept européen de Supranationalité, d’Etat Fédéral ou Confédéral, seul modèle final possible de l’aventure européenne. Vision téléologique, finaliste ? Au moins y ont-ils cru avec leur courte vue ?

Et là, nous hésiterions ? Curieusement, nous accepterions d’être muselés par les Britanniques et leurs amis qui, depuis les gradins de l’Union, n’ont cessé de mettre des bâtons dans les roues de la construction européenne, tout en prenant des distances les plaçant à part ? Il faut dire qu’ils ne sont certainement pas les seuls au monde à vouloir voir l’Europe échouer…

Or, pour arriver à la fin inacceptable de ce magnifique projet, il faut d’abord détruire tous les symboles qui l’ont fait vivre au niveau des citoyens. A commencer par l’hymne européen: «Freude, schöner Götterfunken» et ses promesses de fraternité. Il a été supprimé d’abord. Maintenant, c’est au tour du Parlement dans la ville de sa création, lieu des séances plénières solennelles, d’être «désaffecté», dévitalisé, inutile. Ce seraient -là pour les Européens, les prémices d’une déconstruction, d’un retrait, d’un échec.

Or, sans les Peuples, sans Strasbourg, la ville qui les représente, sans la cohésion Franco- Allemande si tangible sur les bords du Rhin, l’Europe ne se fera jamais. Elle redeviendra un «machin» administratif, désintégré, déshumanisé. Incroyable aboutissement, inchiffrable gâchis !

Vu comme cela, on comprend mieux dès lors que la majorité des parlementaires veuille quitter Strasbourg et l’Alsace, trop empreintes de symboles. Un peu comme on quitte un navire. En perdition ?

Aller de l’avant, c’est aujourd’hui la seule direction possible pour l’Europe.La seule qui prenne en compte le futur des nos enfants. Pas question de lâcher.

Cet article d’Alexis Lehmann est publié aujourd’hui en simultané sur euroJournal.net et le grand quotidien en ligne français Médiapart, ainsi que sur d’autres plate-formes médiatiques.


Alexis Lehmann - 22.11.2012

22/10/2012

Témoignage d’un ancien grand patron

 

 

Oui, les grands moments du Forum de la Démocratie à Strasbourg  ont bien été ces deux allocutions d'une intensité exceptionnelle. Avec des mots et des concepts très simples, Tawakhol Karman, Prix Nobel de la Paix et Nawal El Saadawi, écrivaine égyptienne ont fait vibrer l' hémicycle. Elles nous ont parlé d'amour, de pitié, d'entraide, de compassion d'appel au secours.... L'évocation  de toutes ces souffrances d'hommes, femmes et enfants vivant dans des conditions inhumaines, massacrées et tués sans que personne ne bouge....  A leur écoute tout le Forum était présent de "coeur".

C'est pour cela qu'il faudra le refaire. Et le refaire encore, à Strasbourg, pour que naisse au sein de cette ville emblématique, une nouvelle " Weltanschaung", une nouvelle manière de regarder le futur du  monde face aux grands défis de notre terre à l'aube du 21 ° siècle : famines, eau mal répartie, santé scandaleusement négligée, démographie déséquilibrée, religions dévoyées, etc.

Ces questions, nous le savons,  ne pourront pas  être résolues de manière pacifique sans une prise de conscience, tant au niveau individuel que collectif, au niveau du citoyen et des dirigeants, conscience impérieuse que l'histoire de l' humanité ne peut pas se poursuivre sans partager une conscience d'universalité. Elle n'a que deux manières aujourd'hui d'imaginer son  futur :  soit la confrontation, la guerre et l'horreur soit l'organisation, la solidarité et la coopération entre les  "hommes de bonnes volonté ".

Il est temps de trouver un sens nouveau à la marche planétaire, il est temps de trouver le chemin d'une survie possible pour tous. Répétons que rien ne peut désormais  empêcher l'humanité d'aller ou vers la prise de conscience de son unicité et de son interdépendance ou vers le chaos initial.

L'homme est conçu ( par qui ou par quoi ? comme on voudra) pour vivre, donnons en lui les moyens,  le plus longtemps possible. Respectons les paramètres de la vie et du vivre ensemble. La Démocratie en est un, les Droits de l'Homme en sont un autre. Si l'homme dans son existence ne construit pas le futur des autres, à quoi, à qui aura-t-il finalement servi.

Je propose donc que le prochain FORUM de Strasbourg jette les bases d'UNE CHARTE UNIVERSELLE DU DROIT DE VIVRE.

Texte publié sur MEDIAPART.



Alexis Lehmann

 

 

 

 

 

 

 

26/06/2012

Chômage en Alsace : le CESER parle vrai.

Alors que les articles du style «  L’Alsace a bien résisté » ou « l’Alsace a mieux résisté » se répètent curieusement chaque année, lors des bilans, une petite  phrase dans le compte-rendu d’une réunion du CESER  tenue à Mulhouse le 21 juin, ( DNA du 22 juin), jette un pavé dans la mare : 

«  Le chômage  a augmenté en Alsace et en dix ans de 78% » y est-il dit.

Ce constat très factuel est nettement moins rassurant. Il est exact.

 

L’Alsace a passé de 4,5% de taux de chômage en 2000 à 9% en 2010. Il faut rajouter à cette dure réalité, que, sur les 65 000 frontaliers  alsaciens encore en activité chez nos voisins, près de 50 000 d’entre eux ne seront pas renouvelés du fait de l’absence cumulée de jeunes professionnels  alsaciens qualifiés, et  parlant allemand.

 

Dans ce domaine d’ailleurs, de la fourniture de MO à nos voisins Allemands et Suisse, l’Alsace est en  plus aujourd’hui, en compétition avec les pays européens et méditerranéens (Tunisie, Grèce, Espagne, Italie ,Portugal) touchés par la crise, que des  jeunes ressortissants cherchent à fuir pour trouver un emploi chez nos voisins.

 

Un malheur ne venant jamais seul, il faut hélas rajouter la disparition de plusieurs fleurons industriels alsaciens traditionnels victimes de la morosité économique ambiante.

 

Tout cela, fait que notre Région, longtemps dans les premières régions de France en terme d’emplois risque, si rien ne change, de se retrouver en  grande difficulté sociale. 

 

Il est urgent  de sonner le tocsin et de construire un plan prévisionnel pour l’emploi en Alsace.

Plan, qui réunirait  les acteurs de l’Economie, de la Formation, du Public et du  Privé et qui soit susceptible de mettre en place simultanément, et de manière coordonnée, des séquences d’actions à court, moyen, et long terme.

 

Par ailleurs il faut poser clairement le problème de la solidarité territoriale au sein de la toute nouvelle Région Métropolitaine du Rhin Supérieur, qui devrait  normalement privilégier les synergies de voisinage chaque fois que c’est possible.

 

Un « Grenelle de l’emploi » en, et pour, l’Alsace » serait, je pense, une vraie bonne idée.

 

Alexis Lehmann

 

22/06 /12

09/09/2011

Les cornes des Rhinos s’arrachent à prix d’or…..

RHINO-72-dpi.jpgUn long article consacré aux rhinocéros est paru dans un grand quotidien régional du 29 août. Ce qui arrive à ces pachydermes d’une autre ère est d’autant plus atroce que le « lien affectif avec ces animaux est énorme», comme le dit l’auteur de l’article.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à un autre RHINO qui, figuratif celui-là, voudrait exister en tant que logo  et  «mascotte» du Rhin Supérieur. Ce RHINO stylisé est le gagnant d’un grand concours organisé au niveau des Ecoles d’Arts Graphiques du Rhin Supérieur. Il a été retenu successivement par un jury artistique et un jury économique comme étant le meilleur «logo commun» possible pour identifier cette région de six millions d’habitants, allemands, français et suisses qui vivent ici sur les bords du Rhin.

Il a, lui aussi, beaucoup d’or dans sa corne, mais, cette fois, pour l’extraire, il ne s’agit pas de le tuer, mais de le faire vivre. Il recèle de plein de vertus stimulantes et répond à une forte demande des riverains pour que nous nous rapprochions plus et réalisions, ensemble, des choses qu’aucun des voisins du Rhin Supérieur ne peut faire seul (Sondage TNS-Sofres Avenir de l’Espace Rhénan 2006).

Tous les domaines fondamentaux : économie, emploi, recherche, éducation, écologie, logistique, tourisme et bien d’autres sont ici étroitement interconnectés. Cette région géographique, d’une grande richesse, RHINO la connaît bien. Il y a vécu ici il y a plusieurs milliers d’années du temps où les hommes ne pensaient pas encore aux frontières. Il porte les couleurs des pierres de nos cathédrales et de nos montagnes. Un crâne fossile de cet illustre ancêtre commun est toujours exposé au Musée d’Histoire Naturelle de Karlsruhe.

Faire revivre sa mémoire aujourd’hui, alors que les frontières ont à nouveau disparu, ferait faire à cet espace tri-national un saut qualitatif magistral dans le futur.

Les instances et organisations politiques poursuivent, dans l’ombre, leurs efforts de coopération. Les intentions et déclarations communes s’entassent de Congrès Tripartite en Congrès Tripartite sans que la population en soit consciente et impliquée. Tout ce travail passe bien au-dessus d’elle et n’entraîne pas l’engouement et la dynamique réalisatrice qu’un tel projet nécessiterait. Pour avoir l’appui des peuples, premiers concernés, dans ce type d’opération, il faut rendre le processus visible. 

Ils se sont exprimés, riverains allemands, français et suisses, ils savent ce qu’il faut faire : mettre le bilinguisme en objectif majeur, établir un plan de développement économique et social commun, utiliser à fond les synergies démographiques, rechercher plus de cohérence dans la logistique, les transports terrestres et aériens, l’écologie, le tourisme, l’université, la recherche etc…

Seulement voilà,  pour y arriver, il manque l’essentiel, à savoir un identifiant visible pour que cette prise de conscience d’unicité et d’intégration de tous dans un même espace soit compris au niveau des citoyens. Il est hors de question de faire de la publicité pour le Rhin Supérieur dans les pays lointains si les gens qui y habitent ne savent pas de quoi il s’agit.

La région est de fort potentiel, elle est capable de hisser les 6 millions d’habitants qui y vivent et qui y travaillent vers un nouvel horizon de plein emploi, à niveau et qualité de vie élevé.

La Région Métropolitaine Tri-Nationale Métropolitaine du Rhin Supérieur vient d’être officiellement crée en décembre 2010, c’est certes un nouveau pas en avant, mais on peut craindre que si le concept reste au niveau administratif et juridique, rien ne changera. D’où la stratégie proposée par RHINO.

Les organismes officiels rentrent sur le théâtre d’opération en portant les habits de leurs appartenances nationales. Le sigle de la Région Métropolitaine tri-nationale du Rhin Supérieur est en effet un rappel des drapeaux des trois pays… C’est presque contre-productif… Non, pas du tout, que l’on puisse faire l’impasse sur des identifiants fondamentaux tels que sa religion ou sa nationalité. Ces valeurs, identitaires doivent certes, rester immuables et sacrées, mais leur rappel en l’occurrence est parfaitement inapproprié quand il s’agit de créer un sentiment d’appartenance à une nouvelle communauté humaine de travail, de vie, de destin.

La Fondation Entente Franco-Allemande et son Président, le Ministre André Bord, portent ce projet depuis plusieurs années maintenant. La stratégie est considérée comme pertinente pour beaucoup, mais si le relais n’est pas pris par les autorités politiques et administratives on peut craindre que la RMTRS, n’arrive jamais à sortir de sa bulle administrative pour insuffler l’enthousiasme populaire nécessaire à une construction de cette ambition.

Créons ensemble, avec les peuples, au-delà des chicanes politiques et des asymétries administratives de toutes nature, une nouvelle région vraiment européenne, supra-nationale, extra-institutionnelle peut être, mais pleine de promesses, totalement citoyenne, totalement humaine. Le reste, je l’espère, un jour suivra.

En attendant faisons vivre le RHINO et l’or coulera sur les bords du Rhin.

 

Alexis Lehmann - 09.09.2011

Alexis Lehman est membre de la Fondation Entente Franco-Allemande et soutient 3Ufer/3Rives depuis ses débuts par des tribunes libres.

Bas les Marques !

 

Suite à l'article paru dans les DNA le 08 septembre 2011.

 

Les stratégies de communication des villes, des régions de France ou des régions Européennes sont évidemment diverses dans leurs objectifs comme dans leur univers concurrentiel. Il est très satisfaisant de voir les choses bouger dans ces domaines. Ce qu'il faut éviter c'est un combat politique interne, toxique et stérile, entre des collectivités liées par l'histoire, la géographie et surtout par le destin.

 

Strasbourg a un positionnement démocratique, il permet à notre Ville plus qu'à toute autre de se présenter comme "Capitale de l'Europe des Peuples".

 

Nous sortons ainsi d'un combat frontal avec Bruxelles, lieu de rencontre des "Parlementaires professionnels" de l'Europe, nantis des avantages logistiques et autres d'une Capitale d' État.

 

Il  nous permet  sur  la base d'une cible de plus de 500 millions d'Européens d'attirer ici des richesses économiques considérables issues du tourisme et de  la localisation de sièges sociaux d'entreprises tertiaires à vocation  et à sensibilité européenne.

 

L'Alsace, doit c'est vrai, se dégager de son image traditionnelle (choucroute, saucisses, bière, vins, cigognes, etc.), sans  pour autant fustiger son  industrie alimentaires ou négliger le pittoresque de ses villages. Ce sont des atouts forts. Bien sûr, nous en avons d'autres, plus techniques, plus technologiques comme c'est aujourd'hui le cas dans beaucoup d'autres régions.

 

Changer notre image prendra du temps et il ne faut pas, c'est vrai, se tromper de discours. Strasbourg aura toujours directement, ou indirectement, un rôle majeur à jouer  dans cette actualisation car il n'y a pas au monde de grande région sans grande ville. Elles sont dans la grande majorité des cas les forces motrices des attractivités territoriales.

 

Le Rhin Supérieur enfin est la seule base pertinente pour inscrire l'Alsace dans une Euro-Région puissante susceptible d'engager la compétition au niveau mondial. Dans cette troïka là il est essentiel que les trois chevaux soient puissants et qu'ils suivent une même feuille de route au moins dans les domaines et les investissements essentiels engageant notre futur à tous.

 

Trois marchés, trois institutions, trois objectifs, trois stratégies de communications. Mais une seule Région pour laquelle nous nous battons tous.

L'Alsace.

 

Travaillons ensemble !

 

 

Alexis Lehmann

16/05/2011

L’infatigable militant de l’Europe à Strasbourg

Alors que les offensives contre les sessions du Parlement européen à Strasbourg se multiplient, Alexis Lehmann, 72 ans, remonte une nouvelle fois au créneau pour exhorter les décideurs strasbourgeois à l’audace et à l’initiative. Propos d’un infatigable militant de la place centrale de Strasbourg au sein des institutions européennes…

 

« J’ai changé trois fois de métier dans ma carrière dans le seul but de rester en Alsace ». Cette fidélité est l’argument n°1 de ce mulhousien d’origine, marié à une colmarienne et qui respire Strasbourg par tous les pores d’une peau tannée par le combat inlassable mené depuis des décennies pour que la capitale alsacienne mérite vraiment son titre de capitale de l’Europe.

 

« J’ai eu depuis longtemps l’idée de ce lieu d’Europe qui manquait tant à Strasbourg. Je l’ai appelé l’Eurodôme mais ce n’était qu’un nom de code. Le contenu, lui, n’a jamais changé : je reste aujourd’hui, et plus que jamais, convaincu qu’il faut que Strasbourg joue à fond cette carte magnifique que l’histoire lui a procurée. Strasbourg, c’est l’Europe des peuples, pas celle des technocrates. Si nous nous bougeons enfin avec méthode et détermination, l’image de Strasbourg pourra alors essaimer dans tous les pays de l’Union. »

 

La volatilité politique

Alexis Lehmann se réjouit bien sûr des récentes avancées de la municipalité élue il y a trois ans. Le choix de Roland Ries s’est porté sur le Kaisersgut, à l’entrée de la Robertsau, pour un projet de lieu d’Europe dont la première tranche pourrait enfin voir le jour d’ici à trois ans. Elle prévoit un lieu d’accueil grand public qui, doté d’une scénographie adaptée, permettrait de recevoir un public qui, pour l’heure, notamment les week-end, tombe sur les grilles fermées du Parlement européen et des autres institutions.

 

Bien tard, pensent certains. Sur ce sujet, Alexis Lehmann n’y va pas par quatre chemins : « A Strasbourg, hormis Catherine Trautmann une fois, les maires successifs ne se sont jamais succédés à eux-même. C’est toujours la même histoire : elle tourne entre Stras et Bourg, le carrefour superbe que constitue notre ville et la cité, l’intra-muros. On s’occupe bien, voire même très bien de la ville et on finit par oublier le carrefour qu’elle représente. En ce qui concerne l’Europe, ce débat est capital, il ne doit plus être différé. A Strasbourg, l’Europe a ses palais pour les parlementaires et les institutions, mais ils vivent à part, fermés au grand public. L’Europe a ses palais mais pas de temple, cet endroit où des milliers d’européens pourraient se parler, mieux se connaître. »

 

Le plaidoyer pour l’Europe des peuples

« En tant que citoyen européen habitant Strasbourg, j’ai le droit de dire que l’Europe en déçoit beaucoup. On en est même arrivé à un paroxysme actuellement. Les chefs de gouvernements nous racontent des histoires ! Le traité de Lisbonne en 2005 parlait de plein emploi : où en sommes-nous ? Il parlait de lutter contre l’exclusion et la pauvreté : nous n’avons jamais été dans de telles difficultés ! On parlait aussi de l’Europe de la connaissance et de la justice, on promettait de restaurer une vraie conscience économique, on promettait l’essor du vieux continent avec, au passage, une harmonisation sociale : où en sommes-nous là encore ? Beaucoup d’européens ont envie de dire aux chefs de gouvernements et aux technocrates de tout poil : vous êtes des charlots !!

 

C’est l’Europe des peuples qui doit se bâtir à Strasbourg. Et ce lieu d’Europe en est la première pierre. Il permettra à Strasbourg de dire des choses car Strasbourg a une autre image que Bruxelles dans ce domaine : ici, c’est l’humanisme, l’histoire qui s’est écrite à cheval sur le Rhin, cette ex-frontière guerrière qui est devenue aujourd’hui le symbole de la réconciliation entre les peuples. L’Europe des peuples, c’est ici qu’elle doit être visible, Strasbourg en est le théâtre parfait ! »

 

De l’audace !

Si le choix du Kaisersgut pour édifier ce lieu d’Europe peut être considéré comme une notable avancée, Alexis Lehmann est cependant inquiet sur les possibilités existantes sur ce site : « J’ai rendu tout le monde attentif : on ne naît qu’une fois dans la vie, mais quand on est mal né, c’est pour la vie entière. Donc, il faut dès à présent instituer un concours d’architectes qui nous donnera une vision globale du projet final, même s’il faudra attendre le prochain mandat municipal pour le voir sortir de terre. »

 

Néanmoins, l’historique militant européen reste optimiste et exhorte même à l’audace et à l’offensive : « Strasbourg ne doit pas se tromper de champ de bataille. En ce qui concerne l’aéroport, les hôtels, les restaurants d’une grande capitale européenne, on est perdant à tous les coups sur ce terrain de la logistique. Mais Strasbourg est un lieu mythique et emblématique et là, on entre dans un autre cas de figure. A ce que je sache, La Mecque ou Lourdes ne se sont pas bâties près d’Heathrow ! La cible, ce sont ces 450 millions d’européens dont beaucoup sont nés citoyens d’Europe sans même savoir ce que ça voulait dire. Alors, si Strasbourg parvient à s’imposer comme la capitale de l’Europe des peuples, si nous savons leur parler directement –et ça passe bien sûr par ce lieu d’Europe pour que nous puissions tous nous rencontrer-, le maire de Strasbourg pourra leur dire : « Si vous voulez sentir ce qu’est vraiment l’Europe, c’est à Strasbourg que cela se passe. Venez chez nous : à pied, en avion, en vélo, en train, en trottinette mais venez-y ! »

 

C’est le moment, il faut foncer et être ambitieux, on n’a que trop tardé. On trouvera les moyens, notamment financiers, pour réaliser tout ça : après tout, qui a jamais parlé d’amortissement pour la Tour Eiffel ou la cathédrale de Strasbourg ? Je reste persuadé que notre ville peut restaurer la vraie symbolique européenne, celle qui est basée sur des valeurs humaines, pas celle des technocrates pétrifiés dans leurs bureaux à Bruxelles ! C’est le moment, il faut foncer maintenant ! ».

14/04/2011

Le Parlement à Strasbourg et Fort Alamo. Une certaine ressemblance ?

Strasbourg mène depuis des décennies une guerre du type  «Fort Alamo», totalement défensive, infiniment risquée. A terme la défaite parait certaine. C’est juste une question de temps. Nous sommes pris dans un combat politico-parlementaire aux motivations réelles de fond, bien éloignées de l’intérêt des citoyens européens. Nous subissons régulièrement des assauts portés par des parlementaires eux-mêmes qui pilonnent sans relâche nos «faiblesses» : celle de l’accessibilité et des avantages de tous ordres d’une capitale d’Etat et celle du «rempart conventionnel» du Traité.

Sur le premier point la cause est entendu. Nous ne serons jamais une capitale d’état avec sa logistique, son confort, et ses joyeusetés. Sur le second, celui du Traité, il est clairement de plus en plus ébréché, creusé et ce taraudage se poursuivra jusqu’au jour où nos grands défenseurs  Catherine Trautmann, Joseph Daul, Bernd Posselt et d’autres se retireront.

Strasbourg, maintenant, revendique, et c’est tactiquement bien joué, un rapatriement complet du Parlement sur ses terres… Mais pour être suivi dans cette audacieuse contre proposition inverse, il faut que notre ville appuie sa demande non seulement sur sa légitimité historique et sur le traité, mais sur un puissant soutien démocratique des citoyens de l’Union.

Fort Alamo pour y revenir, ne serait jamais tombé si les occupants avaient été aidés par des alliés extérieurs. Or, nous oublions totalement les 500 millions de citoyens européens dans cette guerre-guerre budgétaire faussement vertueuse. Il faut les intégrer dans l’ enjeu.

Espérons que la campagne «Strasbourg The Europtimist» sera l’amorce de cette ouverture et que la foi en l’avenir et en l’optimisme européen soit ici matérialisée, visible, au sein de l’Eurodistrict. Ce sera en fait la bataille des électeurs contre les élus ; celle des valeurs universelles, visibles et durables, contre le gratifiant confort de l’isolement technocratique.

Election après élection, à quelque niveau que ce soit, nous assistons à la séparation de plus en plus évidente de la vie politique et administrative avec la vie réelle citoyens. D’événement en événement, que ce soit en Irlande, au Portugal, en Grèce, etc mais aussi en Egypte, en Tunisie, en Libye… nous assistons à des fractures totales entre gouvernants et gouvernés.

La concentration du législatif et de l’exécutif européen dans une seule ville européenne, Bruxelles, sera en quelque sorte l’illustration suprême de ce divorce rendant la «chose politique»  complètement stratosphérique par rapport à la «chose publique» et cette fois, hélas, aux yeux  et aux dépens de 500 millions d’européens.

      Je me bats avec d’autres depuis des années pour cette idée. Nous avons, j’en reste persuadé, encore, les moyens de gagner cette bataille. Mais là, le temps presse. Vraiment.

25/10/2010

Le 1er Forum Citoyen trinational à Strasbourg

 

Même si les «institutionnels» étaient plus nombreux que les «citoyens» samedi dernier, le fait d’avoir organisé à l’Hôtel de la Région une rencontre sur ce sujet déterminant pour l’avenir de l’Alsace me paraît un point positif à mettre à l’actif du Président Philippe Richert. Intéressant aussi le fait que cette thématique soit reprise dans les prochains mois en Allemagne (Karlsruhe) et en Suisse du Nord (Bâle). Ecouter parler le résident, le riverain, est un exercice indispensable et salutaire.

Certes, les organisateurs ne font en général qu’apprendre ce qu’ils connaissent déjà fort bien. Souvent cependant des idées nouvelles peuvent jaillir, et des pistes de réalisation se dessiner.

Nous avons entendu samedi, à l’Hôtel de la Région, un peu toutes les doléances et suggestions relatives à la création d’une «Région Transfrontalière trinationale du Rhin Supérieur». Rappelons que celle-ci est appelée de leurs vœux depuis des décennies par les responsables politiques de cet espace, et que bien des programmes ont été esquissés à cette fin.

L’objectif manque cependant de lisibilité et de visibilité au niveau des habitants. Je me permets de rappeler que La Fondation Entente Franco Allemande (FEFA) a demandé en 2007 à la «Sofres / TNS» de faire un sondage grand public sur les attentes et les besoins des  6 millions d’habitants qui vivent ici entre Karlsruhe et Bâle, des deux côtés du Rhin. Quels ont été les résultats ?

D’abord un plébiscite de la part des populations pour maintenir et développer le concept de REGION METROPOLITAINE DU RHIN SUPERIEUR. Il faut souligner cette forte identité de vue entre les habitants et les instances dirigeantes des trois pays. Ce consensus, tout à fait exceptionnel, issu de toutes les classes d’âge, devrait nous donner des ailes.

Ensuite pour y arriver, on note dans l’ordre : la promotion du bilinguisme, la mise sur pied d’un plan de Développement Economique Commun, et l’amélioration des liaisons routières et ferroviaires.

Pour réaliser ces objectifs, la population fait confiance : aux systèmes scolaires et universitaires, à la population elle-même, un peu aux entreprises, peu aux politiques locaux, pas du tout aux politiques nationaux.

Ce sondage est à la disposition des lecteurs sur les sites respectifs du RHINO et de la FEFA.

J’ai apprécié les propos du Professor Doktor Heuberger, Président du pilier «Société Civile» qui s’est exprimé samedi. Il réalise que son influence est limitée face aux autres «Piliers» des trois grands secteurs. Je suis persuadé qu’un jour ou l’autre, on comprendra que la société civile ne peut pas être un «pilier» parmi les trois autres : Politique, Economique, Sciences et Recherche. En effet, celle-ci est par définition, peu structurée et très diverse. Le peuple, en fait, est présent dans les trois aspects, électoraux, économiques, et scientifiques. Il est le SOCLE, et non un des piliers, sur lequel tout repose et sans l’appui duquel rien n’est réalisable.

La stratégie du RHINO proposée et développée depuis maintenant plusieurs années par la Fondation Entente Franco-Allemande est une piste, pour l’instant la seule à ma connaissance, qui permette effectivement de faire comprendre aux 6 millions d’habitants du Rhin Supérieur  vers quoi nous voulons aller. En faisant prendre à tous, conscience, au quotidien, de cette nouvelle et déterminante ambition, le travail «politique» pourra mieux se révéler. Cette ambition trinationale nécessite un processus d’entraînement, de bas en haut, qui permette à chacune et chacun de participer à son niveau à cette construction politique et citoyenne de proximité.

Commençons par faire émerger ensemble, dirigeants et citoyens, sur le terrain, cette idée de nouvelle configuration territoriale trinationale. Donnons au public un signe de ralliement fort, un nouvel identifiant, utilisons une même marque en tant que «liant» de l’ensemble des efforts de quelque niveau et de quelque nature qu’ils soient.

La RMRS doit devenir visible, naître de la rue et dans la rue, toucher chacun d’entre nous. Ainsi, elle permettra de dépasser les murs, encore présents, des frontières historiques, mentales, linguistiques, administratives, pré-européennes. Les décisions politiques à trois sont certes difficiles à prendre, commençons par prendre celles qui sont permises, possibles, applicables, dynamisantes.

Inscrire ainsi nos belles régions historiques riveraines du Rhin dans un nouvel ensemble trinational se révèle être un impératif de développement majeur. Aucune des trois régions ne peut prétendre s’en tirer toute seule dans un domaine fondamental ; écologie, logistique, ou économique. La conscience d’une solidarité de destin, d’un sentiment d’appartenance à un même territoire stimulerait les acteurs, à tous les niveaux. Elle inscrirait cet ensemble géographique dans une dynamique propulsive dont personne aujourd’hui ne peut imaginer les effets bénéfiques, tant cette région est riche de potentiel.

L’allégorie du tailleur de pierre de Klaus Wenger, Président d’ARTE, était bien venue  quant il sublimait le travail quotidien. Je voudrai la reprendre à mon compte sous un autre aspect. «Quant on met une pierre sur une pierre, on a un tas de pierres, si on rajoute un architecte, on a une cathédrale».

 

Alexis Lehmann -22.10.10

29/06/2010

AG SPE 2010

Dominique Formhals à l'Assemblée générale de SPE

 

Cela fait des années que les membres de l’association SPE (Strasbourg pour l'Europe) cogitent pour trouver, après le concept "Strasbourg Capitale de Noël "une nouvelle idée phare susceptible de répondre à leur objectif essentiel : renforcer l'attractivité économique et touristique de Strasbourg.

Mais, devenir un lieu de tourisme de masse quand on n'a pas les arguments fondamentaux du genre, à savoir : mer, soleil ou haute montagne, n'est pas chose aisée. Cela suppose un travail marketing de longue haleine, une construction, avec le choix d'un positionnement précis et invariable.

Christophe Kieffer, le Président de SPE, avoue d'ailleurs, dans son rapport d'activité annuel, qu'il a parfois l'impression de "faire du sur place dans la quête de ce graal".

Pourtant, la venue de Dominique Formhals, (Président-Fondateur d'Aquatique Show), à l'Assemblée Générale SPE samedi matin au Grand Hôtel à Strasbourg, a ré-enflammé la foi des membres en leur mission.

Il a parlé sans notes mais aussi sans langue de bois. Il a évoqué le Pavillon d'Alsace à Shanghai, "projet méritoire mais sans contenu". Il a déploré notamment que l'Europe n'apparaisse nulle part dans l'évocation de Strasbourg. D'ailleurs, seule la Belgique a parlé de l'Europe dans sa présentation…

Là où sa prestation a été particulièrement étonnante, c'est quand il a expliqué qu'Aquatique Show ne peut, en tant que tel, organiser un "événement" susceptible d'attirer du monde à des centaines de kilomètres à la ronde. Il lui faut un support, un thème, un socle, une "légitimité," a-t-il dit à plusieurs reprises.

Pour lui, la seule légitimité de Strasbourg, c'est "l'Europe". C'est le "fil conducteur" qu'il faut retrouver dans tous les événements de la ville. Encore faut-il bien jouer cette carte et révéler les nombreux atouts européens aux yeux des habitants et des touristes. Pour l'instant, "je ne vois pas l'Europe vivre à Strasbourg", dit-il.

Pourtant, depuis des années, SPE s'évertue à porter ce message.

L'association insiste sur le fait que toutes les grandes manifestations, qu'elles soient culturelles, gastronomiques, musicales ou autres s'inscrivent dans cette thématique Européenne. La ville aussi doit s'européaniser. Roland Ries a d'ailleurs, à ce même endroit lors de l'AG 2009, pris un engagement solennel dans ce sens et décidé de créer un Lieu d'Europe ouvert au grand public.

Des propositions de mise en scène collatérale et de visualisation de l’Europe à Strasbourg ont été faites depuis longtemps déjà :

- décorer les wagons du tram aux couleurs des pays de l'Union,

- donner à chaque arrêt une courte explication sur un des pays européens (superficie, population, revenu par habitant, nom de la capitale etc…)

- faire une manifestation symbolique le jour de la fête nationale des différents pays de l'Union, par exemple hisser leurs couleurs lors d'une cérémonie publique.

Ce sont là des investissements de faible envergure mais qui rendraient l'Europe visible à Strasbourg et qui témoigneraient de notre volonté de donner de Strasbourg l'image d'une capitale jeune, attractive, ouverte sur l'avenir et fière des valeurs ancestrales d'humanisme et de tolérance qu'elle porte.

La Belgique est elle seule légitime et crédible à porter les valeurs européennes dans son pavillon de Shanghai ? Ce sont avant tout des valeurs d'ouverture, d'acceptation des différences linguistiques, économiques, démographiques…

Strasbourg doit élever sa voix pour redire aux 800 Millions d'Européens que les forces centrifuges de retour sur soi et les nationalismes sont toujours l'humus des tensions et des conflits.

Strasbourg, ville des routes, avec son Parlement et ses Institutions, avec l'Eurodistrict est au centre de la dynamique des convergences européennes.

« La Jeunesse Européenne porte en elle l'avenir du monde » dit Jérémie Rifkin. C'est ici, à Strasbourg qu'elle doit se rencontrer et trouver les arguments pour poursuivre cette marche en avant vers la paix et la prospérité. Alors pourra se réaliser l’idée de Jean Jacques GSELL de voir un spectacle d’Aquatique Show dans le bassin devant le Parlement. Il aurait pour thème le rêve d’une Union Européenne qui poursuit sa route dans un monde irréversiblement global et varié.

 

Alexis Lehmann . 29/06/10

08/03/2010

Clusters dans le Rhin Supérieur

C'est évidemment une bonne idée de relier les clusters et d'essayer à travers eux de créer un vivier d'initiatives de pointe. Mais un tel maillage risque de passer bien au dessus de la tête de l'homme de la rue. Ce qu'il faut pour que le Rhin Supérieur devienne vraiment une terre d'innovation, et soit reconnu comme tel , c'est créer un TERREAU FAVORABLE  aux éclosions en tous genre, dans tous les domaines. Or ce terreau, cet humus passe par une conscience citoyenne d'appartenance à un seul et même espace. Le concept de Rhin Supérieur doit devenir visible.

Il faut que l'ensemble des acteurs économiques, et le citoyen en est un, majeur, comprenne qu'il est sollicité là où il vit et là où il travaille pour participer à cette grande aventure . Il sait d'ailleurs très bien que son avenir se joue dans la réussite où l'échec de ce nouvel espace tri- national qu'est le Rhin Supérieur. Il est extra institutionnel peut être, supra national certainement, mais terriblement réel et pertinent. Enfin, et surtout, c'est le creuset d'une Europe qui pourrait trouver ici les ingrédients de cette souveraineté plus intégrée, garante de sa survie.

C'est le message que je voudrais faire passer avec la stratégie du RHINO.



Alexis Lehmann